Christophe Willem

Christophe Willem

Avec ses trois albums sortis en quatre ans, plus personne n’oserait encore appeler Christophe Willem "La Tortue" surnom hérité de son passé télévisuel. Après un Inventaire de variété française vitaminée et une dose de Caféine électro-pop, il propose aujourd’hui avec Prismophonic un digest de ces deux premiers essais où l’overdose nous guette.

Depuis 2006 et sa victoire à la Nouvelle Star, même les détracteurs des télé-crochets s’étaient résolus à lui reconnaître son timbre et ses facilités vocales peu communes. Christophe Willem avait agréablement surpris par son recul, son humour et sa capacité à véhiculer l’émotion à travers un choix de chansons varié mais faisant preuve d’une certaine musicalité.

Table rase du passé, a-t-on envie de dire à l’écoute de Prismophonic ! Le terme est inventé, pour signifier le prisme sonore qui se veut décomposer ici la musique pop en ses multiples facettes. Du disco Starlite, qui sample en passant Ain’t Nobody de Chaka Khan, au funky Cool martelé par les médias, on bascule en mode Automatik dans un univers électro-dance qui nous fait suffoquer sous les claviers et les rythmes des années 80/90s.

Le son est très anglo-saxon, à l’image de Caféine. On retrouve le Britannique Steve Anderson, directeur musical sur la dernière tournée du chanteur, à la réalisation, tandis que Kylie Minogue porte son grain de sel à la musique de Pas si loin.

L’album est bien produit, alors on aurait aimé lui prêter une oreille de clubber déchaîné sous les spotlights, d’autant que l’on sentirait presque l’ombre de Madonna planer (L’amour me gagne). Oui mais voilà, on dansait plus sur Double je. On ne blâmera ni les textes de Zaho, ni ceux que Christophe Willem a lui-même écrits, ils auraient mérité mieux. Même les ballades, sobres ou très arrangées (Si mes larmes tombent, Falling), nous font regretter l’époque de Jacques a dit. Christophe Willem a peut-être trouvé son rythme de croisière, mais il nous laisse au bord de la route.

Christophe Willem Prismophonic (Columbia/Sony Music) 2011