Indochine entre en campagne

Indochine entre en campagne
© françois berthier

Les contempteurs d’Indochine seront les seuls à s’en plaindre : le projet de Nicola Sirkis n’a jamais autant été à la pointe du combat pour un rock français populaire et créatif. LE signal du départ d’une nouvelle campagne est donné cette semaine au Zénith à Paris avant la réédition du fameux Paradize, dix ans après sa première sortie.

James Brown avait coutume de se surnommer "the hardest working man in show business". Il semble que la fonction ait été reprise par Nicola Sirkis, dont le programme annoncé pour son groupe Indochine défie l’idée même de RTT. La clôture de l’exercice précédent était allé au-delà des espérances, un onzième album studio, La République des Meteors, récompensée d’un triple disque de platine, en pleine crise du disque, une tournée afférente homérique réunissant 800.000 spectateurs, avec en point culminant un Stade de France complet en juin 2010, le premier (et à ce jour unique) à mettre à l’actif d’un groupe de rock français, suivi d’un Bercy également sold out en septembre.

Après cette apothéose, d’aucuns pensaient qu’Indochine choisirait peut-être de terminer son aventure exceptionnelle sur ce coup d’éclat. Quelques fugaces rumeurs faisaient état d’un point final éventuel. C’était sans compter sur la frénésie créatrice de son leader : le temps de peaufiner l’exploitation DVD de l’événement Stade de France, d’en fêter la sortie début 2011 par une tournée de salles plus intimes (le Grand Rex) dont les places se sont envolées en deux heures, et d'écrire un livre à quatre mains sur les textes de son groupe, donc les siens (Kissing My Song, entretiens avec Agnès Michaux, Flammarion 2011) et voilà qu’il annonce le programme des hostilités à venir…

Adepte du contre-pied, il avait soigneusement évité la célébration des trente ans d’Indochine, anniversaire qui tombait le 29 septembre dernier, puisque l’acte de naissance public du groupe datait d’un concert au Rose Bonbon, le club rock d’alors sis sous l’Olympia, le 29 septembre 1981. Mais voilà qu’il choisit de célébrer un autre anniversaire, celui des dix ans de Paradize, l’album de la renaissance, sorti en février 2002, et vendu depuis à plus 1,5 million d’exemplaires. Un album qui voyait un recentrage du discours vers un rock plus dur, agressif, mâtiné d’influences industrielles, et qui surfant sur le succès de J’ai demandé à la lune, single consensuel, apporta à Indochine de nouvelles légions de fans énamourés.

Retour au Paradis

Paradize ressort donc en ce mois de février, bénéficiant des dernières technologies en matière de remastering, mais aussi de bonus, dont un concert acoustique enregistré à l’automne au Studio Davout devant une poignée de fans. Et comme Indochine ne conçoit pas son existence hors de la scène, deux concerts sont annoncés au Zénith de Paris, les 1 et 2 février, qui font tomber un nouveau record : les deux concerts sold out en 12 minutes, ce qui fait en gros mille places vendues à la minute (toutes les invitations aux médias ou autres sont payantes : minimum 5 euros. Les sommes récoltées ainsi seront reversées au Secours Populaire, soit dit en passant). La totalité de l’album Paradize y sera interprété, mais gageons que d’autres repères seront évoqués, et pourquoi pas quelques apéritifs du prochain album ?

Car loin de raccrocher les gants, Indochine annonce pour la fin de l’année un douzième album studio, auquel ils travaillent depuis déjà quelques mois, et qui sera l’occasion de la plus longue tournée jamais effectuée par le groupe, jusqu’en 2015 ! Avec sans doute un retour au Stade de France, et des centaines de shows extatiques. Indochine est une histoire sans fin, puisqu’elle se raconte au jour le jour et que tant de gens veulent l’entendre…

Indochine Paradize +10 (Jive Epic/Sony Music) 2012
Indochine en concert au Zénith de Paris les 1er et 2 février 2012