Jean-Louis Murat

Jean-Louis Murat

Il est rare que l’automne arrive sans que tinte à nos oreilles la poésie chantée de notre cru d’Auvergne favori, Jean-Louis Murat. Une fois n’est pas coutume, le Murat nouveau s’est fait attendre deux années de suite. Il est arrivé… la cuvée s’appelle Grand Lièvre.

On s’imagine Jean-Louis Murat en haut d’un sanctuaire, jonglant avec sa guitare et ses mots, prolifique, on le sait, détaché, on le croit. Beaucoup d’images, de volupté et de saisons, pas mal d’humour et autant de courroux… Mais dans la lignée des albums de Murat troubadour, c’est bien à la glèbe que Grand Lièvre s’attache, et défend en chanson les courbes de mère nature contre la folie des hommes.

Les guitares puisent à la source du rock indé des années 1990 (Sans pitié pour le cheval, La Lettre de la pampa), l’orgue est psyché, les chœurs vont des "la la/oh oh" qu’on lui connaît bien aux voix off méditatives (Je voudrais me perdre de vue), les rythmes sont un poil plus solaires qu’à leur habitude (Le Champion espagnol).

Qu’est ce que ça veut dire ?, qui ouvre l’album, pose la question qu’on se pose parfois à la première écoute des histoires que Jean-Louis Murat nous raconte. Puis, comme souvent, celles-ci nous apprivoisent. Tandis qu’Alexandrie nous berce et que la civilisation actuelle fait suffoquer les campagnes (Vendre les prés), l’amour chausse Les Rouges Souliers et s’invite à pas de loup dans un doo-wop.

Alors on traverse avec lui, sous un ciel orageux, le Haut Arverne"le cœur se soigne à la torture". Il suffira d’une chanson pour finir de nous conquérir. Ce sera Rémi est mort ainsi, ballade champêtre sur trame de guerre, capable de changer les larmes et la douleur en tendresse. Avec son bouquet grenache, ce Murat-là n’est ni tout à fait Moujik, ni tout à fait un autre.

Jean-Louis Murat Grand Lièvre (V2 Music/Polydor) 2011
En tournée en France et en Belgique. En concert au Trianon à Paris le 10 novembre 2011

Site de Jean-Louis Murat