Zebda, retour à la fête et à la politique

Zebda, retour à la fête et à la politique

À quelques mois de l’élection présidentielle française, le groupe Zebda occupe à nouveau la tribune et reprend le combat (politique). Second Tour, son premier disque depuis dix ans, livre l’essence d’un groupe aux rimes et aux mélanges toujours pas ordinaires.

À Toulouse, on garde encore le souvenir d’une campagne électorale menée en chantant. C’était il y a un peu plus de dix ans et à l’époque, on a bien cru que Zebda et sa liste citoyenne, Motivé-e-s, pourraient investir la mairie. Alors, quand le groupe a annoncé sa reformation après une longue parenthèse entamée en 2004, la ville rose s’est mise à invoquer jusqu’à Saint-Claude-Nougaro et à attendre fermement ce retour. Le reste de la France, moins investi, s’est lui contenté d’un "Pourquoi pas" ?

Second tour, le cinquième disque de Zebda, produit entre son studio de Toulouse et New York, est donc né de cette envie de convaincre. Pour ce faire, le groupe a annoncé un retour à ses fondamentaux musicaux : la fête et le métissage. L’album, qui oscille entre rythmes festifs et douce mélancolie, tient cette promesse. Il y a du ska, du reggae, et ces boucles aux accents du Maghreb qui faisaient déjà le charme des premiers disques du groupe.

Côté musique, Zebda fait du Zebda. Il n’y a peut-être pas de tubes aussi fédérateurs que ceux du passé (Le bruit et l’odeur, Je crois que ça va pas être possible, Tomber la chemise) mais bien des chansons se hissent au niveau de celles qui font la magie des concerts du groupe. Les proverbes ou dans un autre registre Les deux écoles, écrivent ainsi une suite à Essence Ordinaire, l’album qui avait mené le groupe au succès à la fin des années 1990. J’suis pas ou Le Talent montrent un nouveau Zebda, se frottant volontiers au funk et à la soul music.

Zebda signe ses nouvelles chansons d’un Z qui veut dire "nous sommes toujours là". Qu’il joue avec espièglerie sur les mots ou qu’il se fasse plus grave lorsqu’il évoque le sort des immigrés (Ici…là-bas) et le voile (Le Théorème du châle), le groupe retrouve ses préoccupations sociales. Comme dopé par les retrouvailles avec ses deux acolytes, Mouss & Hakim, Magyd Cherfi prend sa plume pour une épée sans jamais se prendre pour un vulgaire Zorro-sur-Garonne.

En sortant Second tour à la veille d’une élection présidentielle française sur fond de crise économique et sociale, les cinq Zebda (le batteur Vincent Sauvage et le guitariste Pascal Cabero n’ont pas repris du service) veulent à nouveau faire entendre leurs voix dans le débat citoyen. Seront-ils entendus ? À Toulouse, on a en tous cas, déjà voté pour eux au premier tour. En novembre, le concert du retour dans la ville rose était archi-complet.

Site de Zebda

Zebda Second tour (Barclay) 2012
En tournée à partir du 1er mars