Yseult prend la vague

Yseult prend la vague
Yseult © A. Choay

Repoussé à plusieurs reprises pour bénéficier d'une date de sortie propice à une meilleure exposition, le premier album éponyme de la finaliste de la Nouvelle Star doit beaucoup à la sensibilité de la plume de Da Silva et à la voix émotionnelle de cette fille de 20 ans.

Vous fuyez les télé-crochets cathodiques, vous avez plus d'un quart de siècle au compteur ou vous n'êtes pas responsables d'ados ? Alors vous avez autant de chance de connaître Yseult que d'avoir surpris Nabila en train de lire un roman.

Pour la faire brève, Yseult est apparue l'an dernier sur la chaîne D8 pour une énième saison de la Nouvelle Star. Après un parcours presque sans faute, elle a décroché une méritante médaille d’argent.
 
Il lui faut aujourd’hui réitérer l’exploit de s’attirer les faveurs du public et des professionnels. Depuis le 5 janvier, son premier album, intitulé tout simplement Yseult, est dans les bacs.
 
Aussi désarmante que l'enfant qui tient le jouet tant convoité, cette jeune fille de 20 ans, aux rondeurs assumées, savoure pleinement l'instant présent. "C'est trop cool !" est une expression plus que récurrente chez elle. Cette félicité en bouclier, elle tient encore un discours juvénile, évacue les questions jugées embarrassantes, ponctue souvent ses fins de phrase d'un grand éclat de rire et clame son appétit de savoir.
 
"Je suis actuellement en plein dans le Bescherelle, je vais sur Wikipedia pour regarder les figures de style, les métaphores, les allitérations. C'est important, aussi bien pour mon écriture que ma culture personnelle. Je n'aime pas ne pas connaître", assure-t-elle. Elle glisse aussi qu'elle vient de découvrir La solitude de Barbara et que "c'est trop énorme".
 
Yseult la volontaire
 
Nul doute qu'Yseult est volontaire. A écouter son débit frénétique, on peine à croire au doute qui l'habite comme un vieux démon. "Je suis tout le temps dans la remise en question mais c'est plus un moteur qu'un handicap".
 
C'est une dénicheuse de musique sur le Net, toujours en quête de découverte ou d'un nouvel émerveillement. "Je passe des heures et des heures à chiner des artistes indépendants et de qualité. Je trouve ça fabuleux de pouvoir chercher et écouter gratuitement de la musique". Pas certain que Polydor, sa maison de disques, se délecte de cet enthousiasme de consommation.
 
Mais tel un feu follet, elle ne tourne pas autour du pot, elle est cash. Son destin, elle veut le prendre en main. Exit la manageuse, elle n’a pas d'intermédiaire dans son rapport avec les décideurs. "Je ne veux pas abandonner mon projet à quelqu'un, j'ai besoin de proposer des choses, d'être en lien avec mes patrons ou mes attachées de presse. Il faut que je commence dès maintenant à me démener et agir par moi-même".
 
Un album "carte d’identité"

Sa deuxième incursion dans la lumière est donc un album réalisé en deux semaines. Difficile de faire davantage dans l'urgence. Si Benjamin Biolay - son idole suprême - avait tweeté au cours d'un prime qu'il voulait le réaliser, c'est finalement Da Silva qui lui a damé le pion et qui s'y est collé. "On est deux forts caractères, très différents mais en même temps on se ressemble beaucoup. Il a pris un rôle de papa. Il est protecteur et regarde tout ce que je fais", observe Yseult. Da Silva est une signature pas forcément synonyme de jackpot. Hormis avec Jenifer, Da Silva n'a jusqu'ici pas affolé les chiffres de ventes lors de ses collaborations féminines (Elsa, Hélène Ségara, Claire Denamur).

 
Dans ce disque au parti pris électro-pop contrebalancé par des paroles mélancoliques autour du sentiment amoureux, Yseult ne s'est pas contentée de n'être qu'une simple interprète. Elle a placé deux textes (L'orage, Summer love) écrits sur les bancs de l'école et a composé de nombreux titres en compagnie de Frédéric Fortuny. "Je suis aussi une auteure et une musicienne. J'avais envie que cet album soit une sorte de carte d'identité". Sortent du lot deux titres aux ambiances diamétralement opposées : La vague, et son refrain accrocheur, ainsi que Blanche, séduisant piano-voix. Yseult est une possible alternative à l'hiver.
 
Yseult, Yseult (Polydor / Universal) 2015
Site officiel d'Yseult
Page Facebook d'Yseult