Les belles découvertes du Printemps de Bourges

Les belles découvertes du Printemps de Bourges
Radio Elvis, Printemps de Bourges 2015 © V. Passelègue/RFI

Le Printemps de Bourges touche à sa fin. Près de 64500 places ont été délivrées en 6 jours pour 129 concerts en salle, sans compter bien sûr les scènes extérieures. De quoi rendre fiers les organisateurs du festival qui cette année, se targuaient d’avoir largement contribué au lancement de la carrière de Christine and the Queens, découverte en 2012 et présente cette année, sous le grand chapiteau du W. Car un des intérêts de cette manifestation réside sans aucun doute, dans la découverte de nouveaux artistes, grâce à une sélection exigeante, les Inouis.

Les lasers et les danseurs sont au rendez-vous. Le public aussi, sous le chapiteau du W à Bourges pour cette dernière soirée du festival. Après le groupe Isaac Delusion, la tonitruante Izia, et le duo électro-pop The Do, c’est au tour de Christine and The Queens de se produire. Très souriante, la jeune femme a l’air de se sentir un peu chez elle dans cette manifestation. Pas étonnant puisqu’elle fut récompensée en 2012 par le prix Découverte du Printemps. Deux ans après, elle revenait juste avant la sortie de son album, Chaleur humaine.

Cette année, les découvertes, baptisées depuis plusieurs éditions, Les Inouïs, fêtent leurs 30 ans. Si 3400 artistes ont répondu à l’appel en s’inscrivant pour participer à ce tremplin très reconnu, seul 32 ont été retenus. Les professionnels ne s’y trompent pas et traquent pendant toute la durée du festival, celui qui deviendra la star de demain.
 
Un jury est constitué chaque année pour remettre un ou plusieurs prix selon les éditions. Celui de cette année était présidé par Mathias Malzieu du groupe Dionysos qui s’est prêté à l’exercice avec enthousiasme.
 
Tous les styles y sont donc représentés. C’est ainsi qu’au détour d’une ruelle une affiche peut  nous interpeler. Le groupe Tricodpo se produit ce 29 avril au 22 Ouest, quelques indices laissant penser que ce groupe est originaire de la Réunion. Direction donc la salle de concerts pour une découverte en provenance de l’hémisphère sud. Entre l’incontournable maloya, quelques notes de reggae et de biguine, la formation emmenée par le charismatique Erick Lebeau (un look entre Toulouse-Lautrec et un « hipster » de Paris ou Berlin), ne s’enferme pas dans un genre propre à son île d’origine. La guitare électrique et la présence d’une contrebasse viennent apporter une touche « occidentelle » pour reprendre un joli mot du chanteur, aux instruments plus traditionnels. Tricodpo nous offre une pause en créole réunionnais même quand Erick Lebeau reprend la fameuse chanson de Pierre Perret Lili, avec beaucoup de sensibilité et de grâce. Un beau moment.
 
Si avec Radio Elvis on ne change pas de salle, pas de doute, on change d’hémisphère ! Retour sous les latitudes métropolitaines avec un groupe qui, s’il est aujourd’hui dans la sélection des Inouïs, commence d’ores et déjà à être connu car il donne de nombreux concerts. Composé de Pierre, chanteur, guitariste et parolier, Manu à la guitare et à la basse, et Colin à la batterie et synthés, ce trio rock semble marcher sur les pas de quelques fameux aînés comme Dominique A, Alain Bashung, voire Noir Désir, tant l’utilisation de la langue française est fluide et décomplexée. L’inspiration littéraire n’est pas loin comme avec le morceau intitulé Demande à la poussière, une variation sur l’œuvre du grand auteur américain, John Fante.
 
Le jury des Inouis ne s’y est pas trompé puisqu’il lui a attribué le Prix du jury, alors que revenait à un groupe alsacien, Last train, le Prix du Printemps de Bourges. Ces artistes en devenir risquent bien de se retrouver, dans les quelques années à venir, programmés dans de plus grandes salles du Printemps à l’instar de la reine de la soirée, Christine and The Queens.  
 
3 questions à Radio Elvis
 
RFI Musique : Comment écrivez-vous les titres de vos chansons ?
Pierre : Il n’y a pas vraiment de règle. Etant donné que le groupe est quand même assez jeune, j’ai pas mal de morceaux en réserve. Pour l’instant, j’apporte aux autres, une guitare-voix avec le texte. C’est le squelette du morceau. Puis il y a un travail de composition à trois qui sera de plus en plus systématique. Je pense aussi que je vais continuer malgré tout à écrire les paroles. J’ai du mal à chanter des textes qui ne sont pas les miens. On s’en rend compte avec les reprises. Ce n’est pas de l’égocentrisme. Mais j’ai besoin de m’exprimer à travers ça. Les mots constituent ma première source d’inspiration.
 
L’écriture des textes vous demande t’elle beaucoup de travail ou est-ce plutôt instinctif ?
Je crois qu’instinctif est le bon mot. Mais cela demande aussi du travail ! Le plus difficile est de réussir à capturer les instants où l’instinct agit. Il ne s’agit pas d’apprendre ou de travailler l’écriture, il s’agit de travailler la vision, apprendre à voir, plus que d’apprendre à écrire. Le plus dur est d’avoir un regard sur les choses, sur ce qu’on lit, sur la vie quotidienne et de transformer la vie de tous les jours en quelque chose d’introspectif et d’intime.
 
Quel chemin allez-vous suivre maintenant que votre EP Juste avant la ruée, est sorti ?
Cela fait un an que l’on a beaucoup de morceaux dans la besace. On joue la moitié sur scène et les autres sont encore en chantier. Dans les mois qui viennent, nous allons préparer l’album qui devrait sortir début 2016 chez Pias. On va entrer en studio avec tout à faire dans un nombre de jours défini. C’est assez excitant ! On veut garder le côté « live » sur l’album. C’est la raison pour laquelle on n’aura pas de préprod. Il y aura un travail de composition préalable et on a prévu des résidences pour cela. Il y aura aussi des choses plus techniques à travailler entre nous, à savoir où on veut aller dans les textures sonores, par exemple.

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