Les ondes positives de Naïve New Beaters

Les ondes positives de Naïve New Beaters
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Les Naive New Beaters sortent leur deuxième album La Onda dans un déluge de sons explosifs et positifs. Festive, la nouvelle livraison offre entre autre du rap qui se mélange au rock et des arpèges qui se marient aux bruits de la rue. Un savant mélange mis en boîte par le réalisateur Renaud Létang.

En 2009, le premier album Wallace était très dynamique, loufoque mais clairement dans l’air du temps. La Onda est plus chaloupée, tout en contraste. Les Franco-américains de Naïve New Beaters ont laissé Paris pour tourner l‘Europe en bourrique trois années durant. Leur road-trip leur a fait garder le feu sacré et leur a permis de muscler leur jeu sur 13 nouveaux titres (dont un caché).

 
Ils entament l’album par une autocélébration Special Thanks, qui selon David Boring le chanteur est un regard "coupé décalé et complaisant" sur ce qui a ressemblé à une farce punk-hip hop-électro. Mais la loi de la nuit a parlé : bilan, les NNB font de la musique qui ravage les pistes de danse.
 
Le Franco-californien Boring a grandi à Pasadena, une des villes bordant Los Angeles où le melting-pot se vit en musique. Aujourd’hui, il habite Paris mais continue de rapper en anglais dans ses chansons "car ça rebondit bien."  La mixture reste très riche, "on continue de vouloir mélanger toutes sortes de musiques et à se lâcher un peu plus".
 
Avec Eurobelix et Martin Luther BB King, ses deux acolytes, il est arrivé chez Cinq7, leur label, avec une copie très solide. Dans leur carnet de notes et leurs démos décortiqués avec l’aide précieuse du réalisateur Renaud Létang, il est apparu que les NNB envisageaient leur musique de manière binaire. "Renaud nous a fait sonner des chansons avec plus de groove, il nous a fait décaler des petites choses, enlever des notes qui ne se mariaient pas bien ensemble. Des sons ont été utilisés pour rendre des chansons plus "zoukées" comme Basic Zoom ou La Onda."
 
Basic Zoom justement s’ouvre sur des sons caribéens et rappelle les bonnes heures des scènes no-wave et disco new-yorkaises. On est pourtant dans un vrai assemblage électro à la française, c’est-à-dire métissé, "on est à la croisée des styles, même si les DJs électro et les rappeurs qu’on croise pensent tous que nous sommes des rockeurs".
 
La culture pop anglo-saxonne du groupe transpire à fond quand le trio se met en scène avec beaucoup d’humour dans une vidéo du premier single Jersey que ne renierait pas Sacha Baron-Cohen, les Monty Python et LMFAO.
 
Les NNB se moquent aussi de leur propre directeur de label Cinq7 (Alan Gac). A la sempiternelle requête des directeurs artistiques avides de singles sur les albums de leurs ouailles, la réponse arrive en chanson : "Pop You !" "Quand Alan a écouté le morceau avec le boss de Wagram, notre distributeur, il n’a d’abord pas réalisé qu’on le nommait. Il aimait bien le titre sans savoir qu’il lui était adressé."
 
L’album déborde d’autres trouvailles, un marteau-piqueur a même été enregistré pour introduire la chanson Angryat 8, le claviériste Eurobelix habite visiblement un quartier en travaux qui inspire le trio. On ne souhaite pas qu’il déménage.
 
 
Naive New Beaters La Onda (Cinq7/Wagram) 2012