Le 2e round de Lilly Wood and the Prick

Lilly Wood and The Prick
© M.Maggiori

The Fight, le deuxième album de Lilly Wood and the Prick confirme le talent et la fraîcheur d’un groupe qui chante en anglais. Joni Mitchell, les années disco et l’électro-pop ont nourri cet album qui sonne l’heure de l’entrée du duo Nili Hadida et Benkamin Cotto dans l’âge adulte

Fortement influencé par l’Amérique du Nord et ses trésors, Lilly Wood and the Prick a privilégié la beauté des émotions mélodiques, du rythme et de l’harmonie. Le premier morceau sonne très juste et détaille en quelques accords l’immensité des possibilités d’évoquer la Californie dans Where I want to be (California). Une entrée en matière accueillante dans un album spacieux, ambitieux, balancé.

 

La voix de Nili a des inflexions proches de Beth Ditto, sans céder aux poussées de fièvre chères à la "Gossip Girl" cependant. La rondeur et la clarté de la basse du single Middle of the Night enveloppe The Fight d’un peignoir de velours réconfortant avant un hypothétique combat. "Middle of the Nightest une chanson très différente du reste de l’album. Mark Maggiori, le réalisateur du clip voyait la boxe pour représenter le combat pour cette chanson. Benjamin est plus dans cet univers de la boxe, du roller et de la danse. Moi j’ai morflé un peu en faisant le clip (ndlr : on la voit prendre des coups et en donner), mais c’est une vraie belle image entre deux personnes qui luttent pour faire le deuxième album, une lutte pour passer à l’âge adulte" explique la chanteuse.
 
The fight, c’est l’entrée dans l’âge de la découverte d’une certaine rigueur pour prendre en main ses envies et les transformer en autant de bonnes chansons. "On a mis la main à la pâte pour la composition de l’album. Beaucoup plus que sur le premier album. On a appris notre métier. Pierre Guimard, notre manager et réalisateur était dans une autre pièce. Comme on connaissait de plus en plus de petits trucs, il nous a beaucoup plus laissés faire les choses seuls. Notre son est accessible, plus chaud, plus musical avec de la vraie batterie et des lignes de basses écrites cette fois-ci par Ben." On découvre aussi que dans ces lignes tendues, le disco apparaît en filigrane, "c’est en nous et ce malgré nous. On était plus éclectique lors de l’enregistrement du premier album. Mais pendant la confection du deuxième, on s’est rendu compte à quel point le disco s’était invité spontanément."
 
French connection
 
"On a repris Harley Davidson pour TV5 Monde mais on n’en est jamais venu à écrire en français pour autant. On n’a aucun problème avec ça d’ailleurs car on est français jusque dans le nom du groupe. Ce qui n’est pas forcément la meilleure idée pour être compris par les Anglo-Saxons… mais bon on n’avait pas calculé un instant en trouvant ce sobriquet à 2 heures du matin dans le quartier de Réaumur à Paris avec des amis, le mot "prick" (con), ça les faisait rire." Dans No Mark, on entend le duo parler et chanter, ce qui n’est pas sans faire penser à quelques spécialistes du parlé-chanté comme Françoise Hardy, Keren Ann ou Joni Mitchell à qui un morceau est d’ailleurs dédié.
 
Le temps fort de cet album est sans doute le magnifique Briquet en balade climatique qui à la place de l’ultime morceau Into trouble aurait pu fermer le bal. Briquet est une superbe fresque froide et belle, introduite au piano. C’est une vraie messe avec cette voix qui résonne comme dans l’écho d’une église, avant qu’un piano électrique, une batterie et des guitares soient gentiment de sortie. Tout y est très beau, "C’est une chanson de l’album dont on est le plus fier" conclut le duo. Lilly Wood and the Prick va maintenant tourner avec une setlist renouvelée à 70 % et des chansons du premier album réarrangées, l’abandon du séquenceur et une basse plus rentre-dedans, peut être plus "sale" aussi ? Lilly Wood a envie d'en découdre tout en restant cool.
 
Lilly Wood and the Prick The Fight (Cinq 7) 2012
 
En tournée à partir du 25 janvier 2013
 
Site officiel de Lilly Wood and the Prick