Lilly Wood and the Prick, à l'ombre d'un monde électro-pop

Lilly Wood and the Prick, à l'ombre d'un monde électro-pop
Lilly Wood and The Prick © DR

Carton de l'été 2014 dans toute l'Europe avec le remix de son Prayer in C, Lilly Wood and the Prick publie un troisième disque, Shadows, tourné vers les sonorités synthétiques. Même s'il a enregistré en bonne partie au Mali, le duo électro-pop parisien ne signe pas pour autant son album africain.

La pochette, qui montre la chanteuse Nili Hadida et son acolyte Benjamin Cotto sur une vieille moto postée dans un décor coloré, dit déjà beaucoup sur la démarche de leur groupe. Ce pourrait être l'affiche d'un film indien, une caricature de l'époque coloniale ou les prémices d'une soirée de carnaval. Mais, il s'agit plutôt d'une note d'intentions suggérant que le voyage est un prétexte pour revenir à ce qu'on fait, à ce que l'on est.

En enregistrant une bonne partie de son troisième album au Mali, Lilly Wood and the Prick aurait pu écrire son album africain. Il réalise au contraire un disque d'électro-pop dans lequel le monde se dessine en ombres portées. Le duo parisien ne s'en cache pas, il n'avait pas pour intention de faire de la world music et il faut donc bien tendre l'oreille, pour retrouver les traces d'un mois passé à Bamako, notamment dans le studio Moffou de Salif Keita.
 
 
Attendu au tournant après que le remix de son Prayer in C a été un tube dans l'Europe entière au cœur de l'été 2014, Lilly Wood continue son parcours dans cette veine. Les guitares se sont effacées par rapport à leurs précédents disques et au milieu de textures aux accents très légèrement tribaux, la voix éraillée de Nili se fait vaporeuse. Elle chante en anglais son spleen, l'amour et presque en bout de course, le français apparaît sur le titre N'importe quoi.
 
 
La mélancolie devient alors plus proche de nous sur une musique glacée, évoquant volontiers les années 80. Ce qui caractérise ce Shadows assez aérien, c'est justement cette alternance entre des humeurs blanches et d'autres, beaucoup plus dansantes. Lilly Wood and the Prick a passé le sas du troisième album avec onze chansons marquant une évolution certaine.
 
Reste que pour surprendre vraiment, ces musiciens révélés par Internet et dont les chansons ont souvent illustrés des publicités, devront mettre un peu plus de folie dans leur électro-pop. Chiche ?
 
Lilly Wood and the Prick Shadows (Cinq 7 / Wagram) 2015
Site officiel de Lilly Wood and the Prick
Page Facebook de Lilly Wood and the Prick
 
En concert les 15 et 16 décembre à la Cigale à Paris.