David Guetta Superstar

David Guetta Superstar
© peter taguet

Surfant sur les vagues électro comme r'n'b, le DJ français David Guetta est encore sûr de remporter le jackpot avec son cinquième album, Nothing but the beat, en invitant entre autres, quelques stars du rap et r'n'b américains. Décryptage.

Depuis son troisième album Pop Life, paru en 2007, et ses compilations F*** Me I’m Famous (sept à son actif), impossible d’ignorer David Guetta : à la radio, sur les télévisions musicales ou dans les pages des magazines people, il est omniprésent. C’est l’un des rares DJs et musiciens français à connaître un tel succès à l’international, avec 5 millions d’albums et 17 millions de singles vendus au cours de sa carrière.

Son cinquième album, Nothing but the beat, ne devrait pas enrayer le mouvement. Comme pour Pop Life ou One Love, ses précédents opus, David Guetta sait bien s’entourer. À la lecture des invités, on croirait lire le classement américain des meilleures ventes de disques rap et r’n’b : Lil Wayne, Timbaland, Akon, Snoop Dogg, Will.I.Am, Usher… pas moins de 16 invités sur les 12 titres que compte le premier disque de l’album. Que ferait David Guetta sans eux ? Et vice-versa.

Depuis le succès de sa collaboration avec les Black Eyed Peas, le DJ français est demandé dans les studios des stars du hip hop. Résultat : des titres d’un nouveau genre, assez indéfinissable, qui mêlent sons électroniques et voix r’n’b passées par les filtres de l’Auto-tune, ce logiciel popularisé par T-Pain et Kanye West, qui donne à tous la même voix de robot.

Chansons techno

Car les voix, les chanteurs, les refrains sont importants dans la musique de David Guetta. Ce mélange de chansons simples et de rythmiques implacables, de r’n’b ou de vocalises dance et de sonorités électroniques dures, fait la recette de son succès. Des titres que l’on peut entendre à la radio comme en discothèque, qui plairont aux jeunes fans de r’n’b ou rap grand public, et que leurs parents ne détesteront pas. Ses sons électroniques contaminent de plus en plus le hip hop américain, donnant un résultat sans réelle personnalité, ni racines bien définissables, mais ne popularise t-il pas ainsi une certaine idée (commerciale certes) de l’électro ? Malheureusement sans aucune prise de risque.

L’underground, qu’il a délaissé depuis très longtemps, David Guetta le défend sur un second disque instrumental, intitulé Electronic Album, ajouté à son Vocal Album. Il débute habilement par un vieux son analogique de piano sur un disque vinyle qui craque, avant que les sons électroniques et guitares avec effets ne prennent le dessus.

Les titres The Alphabeat, Lunar, Metro Music ou Glasgow doivent beaucoup aux Daft Punk ou à Justice. The Future fait dans la surenchère de sons vrombissants, de montées et de pauses. Dreams hésite entre synthés des années 90 (façon Quadrophonia ou T99 qui mêlaient déjà rap et techno) et son musclé façon 2 Many DJs.

Dans ce Nothing but the beat, l’efficacité à destination des pistes de danse est à son paroxysme, avec le rouleau compresseur des rythmes techno, des breaks et des montées infernales, des "hey !" par ci pour lever les bras en l’air, ou des sonorités qui semblent encore sorties de l’eurodance des années 90 (Gala, Dr Alban, Felix…)… ou de la techno underground. Un syncrétisme musical susceptible de séduire le plus grand nombre. À 43 ans, David Guetta a encore de beaux jours, mais aussi de belles nuits, devant lui.

David Guetta Nothing but the beat 2 CD (What a music Ltd/EMI Music France) 2011.