Housse de Racket, retour gagnant

Housse de Racket, retour gagnant
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Victor le Masne et Pierre Leroux, alias Housse de Racket, ont rangé leurs raquettes de tennis. Ils sont de retour avec un second album pop, Alesia, plus homogène que le premier, qui retranscrit l’énergie rock de leurs concerts.

RFI Musique : Quel regard portez-vous sur votre premier album ? N’y a t-il pas eu un malentendu ?
Pierre : Nous portons un regard tendre sur Forty Love. Même s’il s’agit d’un patchwork d’influences, il a le mérite d’avoir été conçu dans une démarche sincère. C’est la limite de ce genre d’album-concept, qui peut manquer de cohérence. Certains n’ont pas du tout compris l’humour au second degré. Quelques journalistes ont même cru que nous avions été lancés par une marque de sport !
Victor : Le concept autour du tennis, de personnages et d’une histoire, a sans doute été plus important que la musique. Cela avait été une trame pour être créatifs, mais le concept a pris le pas sur la musique. Le succès du titre Oh Yeah a un peu éclipsé le reste de l’album, mais il a aussi attiré l’attention sur nous. Il y a un revers de la médaille, mais aussi une médaille !
Pierre : Nous nous sommes posé la question de changer le nom de notre groupe…
Victor : … mais il fait partie de notre ADN, et cela ne pose problème qu’en France.

Après ce premier album, vous avez beaucoup tourné, notamment en Grande-Bretagne. Qu’en retirez-vous ?
Victor : Il y a tellement d’excellents groupes là-bas, dont les membres n'ont parfois que 17 ans. Il n’y a pas de place pour de mauvais groupes en Angleterre, c’était un défi pour nous et un moyen d’apprendre beaucoup de choses. En concert ou en festival, nous avons été programmés aux côtés de Metronomy, Late of the Pier ou Does it offend you, yeah ? Cela nous a permis de voir à quelle famille musicale nous étions assimilés. En France, on nous a parfois programmés avec des artistes de chanson française, ce n’était un cadeau ni pour le public, ni pour nous…
Nous avons joué dans un lycée anglais pas spécialement riche, les élèves reprenaient notre titre Synthétiseur. En classe de musique, ils avaient une batterie ou le logiciel ProTools, alors que dans notre collège de Chaville, nous n’avions que des flûtes à bec. Les cultures sont très différentes.

Dans quelles circonstances a été conçu ce second album ?
Pierre : Le titre Aquarium a été maquetté seulement quatre mois après la sortie de Forty Love. Nous l’avons rapidement joué sur scène. Ensuite, après un concert à Toulouse, nous sommes restés quelques jours dans une maison à la campagne pour nous isoler. C’était le lendemain de la mort de Michael Jackson, le 25 juin 2009. Avec lui disparaissait une certaine idée de la pop. Seuls dans cette maison, nous tournions également une page. Turzi nous avait prêté un orgue Farfisa, que nous avons utilisé sur tous les titres de ce nouvel album. Nous n’avions que nos instruments de scène et trois claviers.
Nous voulions retranscrire sur disque notre puissance sonore scénique, ce que ne retrouvaient pas beaucoup de personnes, qui s’en étonnaient. L’album a été conçu en peu de temps, il est donc plus homogène que le premier.

Comment avez-vous rencontré Philippe Zdar ? Quel a été son rôle ?
Victor : Nous ne le connaissions pas personnellement. Nous l’avons un peu harcelé par téléphone pour le faire entrer très tôt dans le processus. Il s’est déplacé, sans doute pour nous dire non. Nous lui avons joué trois morceaux et il a finalement accepté.
Pierre : Il a été comme un troisième membre du groupe, à passer dans notre studio durant six mois. Puis nous avons travaillé six mois dans le sien. Il a amené un mix du son très personnel, en l’épaississant, en posant des reverbes…Il nous a poussés dans nos retranchements. On a vraiment trouvé notre son.

Vous vous êtes mis à l’anglais…
Victor : Oui, l’album est pour moitié en anglais et pour moitié en français, parfois aussi dans une même chanson. Cela a commencé avec le titre Chateau, un mot français, connu dans le monde entier. Philippe Zdar nous a poussés à chanter un peu plus en français. Il y a pas mal de titres en français, comme Les Hommes et les Femmes que nous n’allions pas traduire, ou en latin, comme Chorus ou Aquarium.
Pierre : Nous étions fascinés par la new wave française des années 1980, comme TGV ou Taxi Girl, ou par Sébastien Tellier, dans leur façon de chanter des paroles répétitives, qui invitent à davantage d’interprétations. Nous avons un peu inventé notre propre mythologie, dans un rapport à la France nostalgique, comme si nous en étions éloignés. Ariane ou TGV évoquent une modernité désuète. Nous parlons beaucoup de la France dans ce disque, de l’homme et de son environnement, avec un ton parfois futuriste ou apocalyptique.

Housse de Racket Alesia (Kitsuné/Coopérative Music) 2011
En concert du 7 au 10 septembre en Allemagne, le 23 à Clermont-Ferrand, le 24 à Angers et le 1er octobre au festival Marsatac.

Site de Housse de Racket