Exposition Brassens ou la liberté

Exposition <i>Brassens ou la liberté</i>
© Fred Mella

Jusqu’au 21 août 2011, la Cité de la Musique à Paris présente l’exposition Brassens ou la liberté. Imaginée par le dessinateur Joann Sfar et la journaliste Clémentine Deroudille, cette appropriation onirique de Georges Brassens dynamite les clichés et les images vieillottes.

L’image montre Georges Brassens tel qu’on le connaît peu : fanfaron méditerranéen d’un quintal, bombant le torse pour son photographe. Elle dynamite dans les flammes d’une pipe imaginaire les clichés vieillots que l'on a souvent associés au chanteur/poète décédé voici bientôt trente ans, à l’automne 1981.

Comme son Gorille, Brassens était un luron. Et ce n’est certainement pas une coïncidence si les deux commissaires de l’exposition Brassens ou la liberté, le dessinateur Joann Sfar et la journaliste et petite-fille de Robert Doisneau, Clémentine Deroudille, ont choisi ce cliché pour illustrer l’exposition que la Cité de la musique consacre à Georges Brassens, presque 90 ans après sa naissance.

Le Brassens dionysiaque et travaillé par la mort, anticlérical et anarchiste, c’est celui-là que dessine Joann Sfar, en accompagnant la trame chronologique imaginée par Clémentine Deroudille. L’exposition se découpe donc en six grandes parties, des 25 premières années de la vie du chanteur, appelées ici l’apprentissage de la liberté, jusqu’à son héritage, le Brassens multiple chanté et théorisé à l’étranger.

Voyage onirique

Sète, Paris, la galerie de copains et de personnages… presque rien n’a été oublié dans ce voyage onirique où l’on écoute Brassens grâce à de vieux téléphones et où, à travers ses carnets et les illustrations de Sfar, Georges s’anime en chair et en mots. À Sète, bien avant que Georges Brassens ne soit le chanteur qu’on sait, sa famille l’appelait "Jo" ; dans chaque pièce, il semble que c’est Jo que l’on tutoie.

Scénographiée par l’équipe de décorateurs du film Gainsbourg : vie héroïque que réalisa Joann Sfar, cette exposition est une appropriation par Joann Sfar lui-même d’un personnage central de son petit panthéon. Le dessinateur, lui aussi amoureux des chats, des squelettes et des femmes, lui donne un peu de son imaginaire débridé et déstatufie la monolithe. Brassens, représenté parfois comme un gros matou, aurait sans doute aimé les coups de griffes.

 Exposition Brassens ou la liberté Du 15 mars au 21 aout 2011. Commissariat : Joann Sfar et Clémentine Deroudille
Concerts autour de Georges Brassens à la Cité de la Musique les 18 et 19 mars.