Galaxie électro-rock

Galaxie électro-rock
© alex leclerc

La formation rock Galaxie s’apprête à atterrir en France avec Tigre et Diesel, un album plus électro que les précédents. Après une longue tournée et un Gala de l’alternative musicale indépendante (GAMIQ) où il a raflé tous les principaux prix, Olivier Langevin, pilote de Galaxie, se raconte.

RFI Musique : Tigre et Diesel a marqué l’intégration de deux chanteuses à votre groupe pourtant très "masculin".
Olivier Langevin : C’est vrai que nous avons la réputation d’être un projet musical "de testostérone", que c’est ce type d’énergie qui se dégage de Galaxie depuis le début. Mais nous sommes quand même des gars sweet ! (rires) L’intégration des deux filles au groupe s’est faite naturellement. Elles sont habituées à chanter avec des voix douces, alors elles trouvaient bien que c’était un peu fort quand elles ont commencé avec nous, mais elles se sont adaptées très vite! Je voulais aussi trouver des chanteuses qui savaient bien manier les percussions. C’est hyper subtil, mais sur l’album il y a toujours une section de percussions naturelles, même si Tigre et Diesel est un disque plus électro. Ce sont elles qui donnent un côté plus organique et rendent le groove plus vivant. Et, du point de vue humain, il était important que l'on s'entende bien car Galaxie passe beaucoup de temps en tournée, dans le camion…

Comment s’est déroulée la tournée qui a suivi la parution de l’album en février ?
On n’a pas tourné en continu, parce que j’ai travaillé sur plusieurs autres projets musicaux, mais les deux premiers mois ont été très intenses pour Galaxie. On a fait une cinquantaine de dates et plusieurs performances à la télévision depuis la sortie du disque. Des shows étaient prévus tous les week-ends dans plusieurs coins du Québec. C’est l’une des plus belles tournées que j’ai fait.

Est-ce que les morceaux se sont transformés au fil des spectacles?
Même si je suis quelqu’un qui aime construire un show et rouler avec pendant un certain temps sans faire trop de changements, il y a quand même des éléments qui se transforment, comme la vitesse. Il y a beaucoup d’improvisation, même si le canevas des chansons est assez fixe. On sait où ça commence et où ça finit, mais dans le milieu on se laisse vraiment beaucoup de liberté. C’est là que ça se joue! Par exemple, sur le disque, Diesel est une chanson qu’on rendait fidèlement au début, mais maintenant on s’en permet davantage : on allonge des sections, Fred [NDLR : Fortin, bassiste de Galaxie] a même cessé de jouer sur cette chanson parce qu’elle était déjà très chargée.

Vous avez décrit votre approche créative de ce disque comme "minimaliste". Est-ce un vrai changement de cap pour Galaxie?
J’ai des trips qui durent pour un disque seulement et j’ai l’impression que le prochain ira dans une tout autre direction. Je vais essayer de me surprendre moi-même et de dérouter les autres. Je hais vraiment quand les gens s’attendent à ce qu’on fasse la même chose dans tous nos albums. Il y a des artistes qui sont comme ça et c’est correct : c’est ce que leurs fans demandent. Mais si Galaxie en venait à se répéter, je serais le premier à m’ennuyer. Si je reprends la même formule pendant trois disques de suite, je pense que je vais cesser de faire de la musique. Il vaut mieux se réinventer si l’on veut jouer le plus longtemps possible.

Vous revisitez quand même en spectacle des chansons des albums précédents.
Il y en a que nous ne jouions plus depuis longtemps et que nous avions envie de refaire. Mais les vieilles chansons s’éliminent habituellement d’année en année. Dès qu’on n’a plus de plaisir à les faire, on arrête. Parfois, c’est aussi parce que je trouve que les textes ne me ressemblent plus ou que je ne suis plus émotionnellement présent quand je les chante.

Quel est votre processus d’écriture?
J’écris souvent, sous forme de couplets et refrains, mais sans que ce soit pour une musique précise. J’ai donc des banques de textes dans lesquelles je puise quand j’écris pour une chanson. Mais parfois c’est aussi l’inverse. Je voulais que les paroles de Tigre et Diesel aient une unité, presque comme si c’était une seule chanson d’un bout à l’autre. Que ça divague un peu autour des thèmes, bien sûr, mais que ça reste linéaire. Ça correspond à une période d’écriture d’environ un an, pendant laquelle j’étais vraiment dans cette atmosphère-là : les shows, la fête, la tournée…

Avez-vous composé du nouveau matériel cette année?
Je travaille par phase. Ces jours-ci, je réfléchis à des pistes pour le prochain disque, mais je ne compose pas du tout. J’ai travaillé avec les Dales Hawerchucks et Pierre Fortin. Tout mon temps libre est consacré à la réalisation de disques pour d’autres groupes. Mais je prévois des moments en décembre pour la composition d’un nouveau projet instrumental avec Frank Lafontaine [NDLR : claviériste de Galaxie et de Karkwa], Jocelyn Tellier, Robbie Kuster et Fred Fortin. Ça va être très éclaté!

Si vous pouviez ne vous consacrer qu’à Galaxie, le feriez-vous?
J’ai besoin de faire tous ces différents projets musicaux. J’aime beaucoup le studio, j’adore réaliser des disques et je travaille avec des musiciens que j’admire. Je trouve cela aussi passionnant que mon propre projet. Côtoyer d’autres musiciens comme Mara Tremblay et Vincent Vallières, être en contact avec différentes façons de travailler, ça donne une palette de couleurs plus larges. J’apprends beaucoup et ça nourrit Galaxie.

Site de Galaxie

Galaxie, Tigre et Diesel (C4) 2011
Galaxie en concert le 2 et le 3 décembre aux Transmusicales de Rennes