Les contes de monsieur Graeme

Graeme Allwright
Francofolies de La Rochelle 2012 © Bastien Brun

La 28e édition des Francofolies de La Rochelle a débuté hier après-midi par une carte postale pleine de tendresse et de nostalgie. Graeme Allwright était au théâtre de La Coursive le temps d’une collection particulière où le monsieur s’est joué d’un âge qui efface les mots mais pas les souvenirs.

La silhouette frêle s’avance au micro et chante sa Marseillaise debout, a cappella. L’hymne français "trop belliqueux" a été transformé en "un chant d’espoir" dont on devait distribuer les paroles dans la salle mais qui, en cette fin d’après-midi, n’a pas trouvé le public du théâtre de La Coursive. Ce dernier aura bien d’autres occasions de chantonner…

Mercredi 12 juillet, Graeme Allwright est revenu à La Rochelle et il aurait fallu pousser un peu pour cela les murs de la salle bleue des Francofolies. "Partout, les salles sont pleines et sans trop de publicité, ni de médias", devait remarquer quelques heures plus tôt le chanteur néo-zélandais qui continue de sillonner la France au rythme de ses voyages en train.
Il y a encore quelques temps, monsieur Graeme tenait ses deux heures et demie de concert droit comme un "i" mais désormais, il est assis entre son guitariste attitré, Erick Manana, et son contrebassiste. Les deux musiciens malgaches le rappellent affectueusement à l’ordre lorsqu’il fait un faux départ et ils le portent avec le sourire quand il met le capodastre de sa guitare dans le vide. La petite silhouette qui roule des yeux, elle, s’amuse de la situation lorsqu’elle ne s’efface pas, les yeux clos, derrière ses acolytes…
 
Erick Manana et Dina Rakotomanga offrent à L’étranger de Léonard Cohen, un aller-retour France-Madagascar. Graeme Allwright, qui a été l’adaptateur et le passeur des chansons de Leonard Cohen à la fin des années 60, a gardé l’habitude de ce répertoire : Hallelujah, Everybody Knows, Dance me to the end of love ou évidemment, Suzanne.
 
Comme elle, monsieur Graeme nous a pris par la main en ce début de Francofolies. A l’écart de la grande scène de Saint-Jean d’Acre qui accueillait au même moment Imany et Julien Doré, il nous a amené dans ses contes colorés d’Amérique folk et de voyages protestataires, toujours étonné de savoir que ses chansons (Jolie bouteille, Il faut que je m’en aille) ont été celle d’une enfance, une petite parcelle d’imaginaire collectif.

Le site des Francofolies de La Rochelle