Temps nuageux pour l’industrie musicale !

Temps nuageux pour l’industrie musicale !

Depuis quelques années, la musique est partie dans les nuages et se dématérialise de plus en plus. Le cloud computing a vidé les étagères de nos discothèques. Dernier arrivant dans l’offre, Google Music a fort à faire face à Itunes et son Icloud, mais aussi Amazon et son Cloud player. Le temps promet d’être très nuageux pour l’industrie musicale… Explication.

Nuages est un classique aérien composé par Django Reinhardt. Sa lumineuse musique s’envole presque vers des cumulus poétiques. Maintenant c’est toute votre discothèque qui va se retrouver rangée dans les nuages… Des nuages informatiques. On appelle cela le cloud computing. Et il est nécessaire de décrire cette notion pour mieux comprendre ce qui arrive à l’industrie musicale de nos jours.

Dans un nuage composé de serveurs distants

L’informatique en nuage, dématérialisée ou "infonuagique" consiste à déporter sur des serveurs distants des traitements informatiques traditionnellement localisés sur des serveurs locaux. Concrètement cela veut dire que les applications et les données ne se trouvent plus dans la mémoire de votre ordinateur, mais – métaphoriquement parlant – dans un nuage composé d’un certain nombre de serveurs distants interconnectés au moyen d’une excellente bande passante indispensable à la fluidité du système.

L’accès au service se fait par une application standard facilement disponible, la plupart du temps un navigateur Web ou une application sur un téléphone mobile. Un peu comme les mails qu’on peut consulter sur n’importe quel ordinateur. A côté du cloud computing existe aussi le streaming, mais dans ce cas : vous pouvez écouter la musique sur votre téléphone mobile ou ordinateur fixe, mais elle n’est pas dans "votre" nuage…

Google offre un titre gratuit à télécharger par jour

Les CDs seront bientôt en voie de disparition. Avant eux les vinyls ou autres k7 ont connu le même sort. Mais stocker ses MP3 sur les ordinateurs devenaient de plus en plus fastidieux, et les discothèques étaient difficilement transportables. Maintenant les services de cloud music se multiplient.

C’est Google qui vient d’ouvrir le sien (pour l’instant seulement aux Etats-Unis) pour suivre la voie ouverte par Icloud et Amazon… Pour accélérer l’adoption de son service, Google a promis d’offrir à ses clients un titre gratuit à télécharger par jour, contre un par semaine chez Apple.

Google va également permettre aux utilisateurs de son site communautaire Google+ de partager les titres achetés avec leurs "amis". Le service Google Music proposera plus de 13 millions de titres issus notamment des catalogues d’EMI, Sony Music et Universal Music de Vivendi, mais pas de Warner Group. Il sera intégré à l’Android Market, le magasin d’applications du groupe destiné aux smartphones et aux tablettes.

"Tout le monde utilise la musique et les médias comme une prison"

De son côté, Facebook, le principal réseau social, permet depuis septembre à ses utilisateurs de partager la musique via un partenariat avec Spotify, Rdio et MOG. Amazon quant à lui propose depuis longtemps un service "captif" d’achat de musique en ligne via les smartphones, les tablettes ou les ordinateurs. L’Amazon Cloud Player fut d’ailleurs le premier, dès mars dernier.

Pour Colin Gillis, analyste chez BGC Partners, les nouvelles offres de services fondées sur le cloud computing sont un moyen de garder les consommateurs captifs. "Tout le monde utilise la musique et les médias comme une prison. En fin de compte, ce truc va être stocké dans le nuage et ça deviendra de plus en plus difficile de changer de système", souligne-t-il. Pour son Icloud Steve Jobs, fondateur de Mac, avec la persuasion et son sens du marketing légendaire, avançait : "certains pensent que le nuage est un disque dur dans le ciel. Nous pensons que c’est plus que cela."

Itunes c’est 70% du marché de téléchargement légal. Amazon 14%

Un analyste du cabinet Gartner, Michael Gartenberg commente l’arrivée de Google : "C’est quelque chose que Google devait faire pour que la plateforme Android soit prise au sérieux." Si Google Music "n’a pas vraiment mis la barre plus haut" que ses concurrents, "il fallait bien commencer quelque part", a-t-il concédé.

De fait, ce nouveau service ne devrait pas—pour l’instant inquiéter iTunes, pionner du secteur, mais pourrait par contre doper la croissance d’Android, qui équipe déjà plus de 200 millions d’appareils mobiles dans le monde, a constaté M. Gartenberg. Car Itunes c’est 70% du marché de téléchargement légal. Amazon 14%. La place risque d’être chère ! Mais Google compte bien sur son incontournable moteur de recherche pour s’en trouver une belle de place. Sous le soleil exactement, pas loin du nuage…