Maurice Kirya sous le charme de Malabo

Maurice Kirya sous le charme de Malabo
Maurice signe des autographes dans une école de Malabo © m. brenke

Lauréat 2010 du prix Découvertes RFI, Maurice Kirya et ses musiciens viennent de débuter la première partie d’une tournée qui va les emmener dans quatorze pays d’Afrique afin y donner 22 concerts en moins de deux mois. Pour RFI Musique, le chanteur ougandais partage ses impressions de voyage.

Malabo ? Je dois être honnête avec vous et admettre que certains d’entre nous dans le groupe n’avaient jamais entendu parler de cet endroit auparavant. On a quitté Kampala tard dans la nuit où il pleuvait des cordes et on est arrivé dans la capitale de la Guinée équatoriale par une journée ensoleillée, le 1er février.

Quand nous avons atterri, je n’ai pas pu m’empêcher de remarquer, en regardant à travers le hublot de l’avion, que la végétation me faisait penser à celle qu’il y a en Ouganda, aussi verte. Ça nous a pris un peu de temps pour passer les contrôles d’immigration, mais ça m’a permis d’observer les apparences physiques des gens ici, leurs traits plus fins, pas aussi foncés que les Ougandais. Et ils ont l’air bien en forme, signe d’une bonne nutrition. Ici, c’est sûr, il doit y avoir de bonnes choses à manger !

Quelques minutes plus tard, on arrivait dans la ville de Malabo. L’architecture est très espagnole, le genre de maisons que tu t’attends à voir tout au sud de l’Amérique. Les gens parlent espagnol, anglais et français. Je dois aussi dire que j’ai vu plus de femmes que d’hommes dans les rues. Hé, n’allez pas imaginer des choses... Bon, ok, c’est vrai, les filles étaient superbes.

On est allé à l'hôtel pour prendre nos chambres, et aussitôt après on est parti déjeuner en passant là où l’on doit jouer après-demain. Le centre culturel français est très beau, un bâtiment dans un style artistique, tout en bois, et avec un immense espace au milieu duquel se trouve la scène. L’endroit nous a fait penser à une église, et ça reflète bien ce que ça doit être : un vrai temple de la culture dans cette "petite" capitale qui compte seulement 60.000 habitants.

On a fait la connaissance d’Ivanne, la super directrice du centre culturel français de Malabo. Elle était adorable et son anglais avec un accent français/espagnol si exotique ! Sa collègue Pauline était également très cool. On a mangé et posé un million de questions. Pour apprendre au passage qu’il est illégal de prendre des photos dans la rue, et qu’il faut une autorisation, mais à ce moment-là ce n’était plus du tout notre problème : tout ce qu’on voulait, c’était enfin dormir ! On n’avait pas dormi la nuit précédente et il fallait qu’on reconstitue nos réserves d’énergie.

L’après-midi, on s’est rendu dans une école et dans deux autres le lendemain. Les enfants ne savaient pas grand-chose de mon pays : il a fallu que je leur dise où il se trouvait, le genre de plats qu’on y mange, la musique, mais ce qui était bien, c’est qu’ils avaient envie de savoir. Ils étaient très ouverts et ont posé beaucoup de questions. On a chanté et on a leur a appris des chansons.

Concert à Malabo

Le jour du concert, dans l’après-midi, des trombes d’eau se sont abattues et ont littéralement "balayé" les gens qui étaient dans les rues. On était un peu inquiet : est-ce que les gens allaient quand même venir en nombre pour nous voir et nous écouter ? Une heure avant le début prévu du concert, la salle était encore quasiment vide.

Mais nous sommes en Afrique, et les gens commencent à arriver plus tard. Vers 20h30, c’était presque plein et le groupe était prêt pour officiellement donner le coup d’envoi de cette tournée africaine RFI/Institut français. Le show a été fantastique. Les gens ont chanté avec nous, dansé.

La question du langage n’a pas été tant que ça une barrière parce que le public était venu pour la musique, donc même si je n’ai pas parlé espagnol ni français, il pouvait ressentir ce que je disais. Et les musiciens se sont bien amusés aussi. On a déjà joué au Danemark, en Croatie, en France, aux États-Unis, mais cette tournée est différente parce que chaque jour tu changes de pays.

C’est une opportunité pour moi de faire connaître ma musique auprès d’un nouveau public dans des pays francophones alors que jusqu’à présent, il s’agissait surtout d’anglophones. Et il y a quelque chose de "patriotique" dans le fait de donner des concerts dans tous ces pays africains, et de parler de celui dont je viens. C’est un peu comme rencontrer des parents qu’on aurait perdus de vue depuis longtemps.

On a terminé la soirée dans un restaurant tenu par un Camerounais et sa femme ougandaise. Elle est d’ailleurs la seule ougandaise à Malabo et elle était vraiment fière que des musiciens de son pays natal soient là !

On a quitté la Guinée équatoriale au milieu de la nuit pour arriver au Gabon hier au petit matin. Toute la journée, j’avais les yeux qui me disaient d’aller dormir mais encore une fois en allant à la rencontre des enfants dans les écoles, ça nous a donnés de l’énergie.

On vient juste de quitter le studio de la télé où on avait été invité pour parler du concert qui va avoir lieu demain. Ici, à Libreville, même si on n’a pas eu le temps de voir beaucoup de choses encore, je suis frappé par les infrastructures, l’état des routes, les immeubles et cette influence que je devine française au niveau de l’architecture. C’est une très belle ville, juste à côté de l’océan. Oui, plus jolie que Kampala. Mais j’aime davantage Kampala quand même !

Maurice Kirya (avec Bertrand Lavaine)

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