Staff Benda Bilili, encore plus fort !

Staff Benda Bilili, encore plus fort !
© Christophe Mac Pherson/Crammed Discs

Un film, un disque et d’incessantes tournées ont révélé à la face du monde le Staff Benda Bilili. Ces musiciens des rues de Kinshasa reviennent avec Bouger le Monde, un album à l’optimisme sans faille nourri par leurs aventures tout autour du monde.

Le 10 août dernier, Les Vans accueillait le Staff Benda Bilili. Ard’Afrique, le festival qui en onze éditions a tissé un pont culturel et humanitaire entre cette petite bourgade ardéchoise et le continent premier, est la dernière date de la tournée estivale du Staff. Le lendemain, le combo prenait la route pour Bruxelles avant de s’envoler pour Kinshasa où les attendaient leurs familles et une quinzaine de jours de repos bien mérités.
Depuis leur premier concert européen aux Eurockéennes de Belfort en 2009, le groupe emmené par Ricky Likabu n’a guère chômé, défendant leurs rumbas électriques sur les scènes des cinq continents. "On a joué partout, sauf aux Etats-Unis" commentait le leader du combo kinois sous le soleil ardéchois. Le continent nord-américain, ce sera chose faite en octobre prochain avec une tournée coast to coast d’une douzaine de dates qui les mènera à Montréal, New York, Los Angeles ou encore Vancouver.
 
De retour sur le vieux continent depuis la fin août, ces musiciens ont repris du service avant même la sortie de Bouger le Monde, leur deuxième opus. Le 6 septembre, ils se produisaient au Royal Albert Hall de Londres, en plein Jeux Paralympiques. Plus qu’un symbole pour ces musiciens paraplégiques pour certains, dopés aux sunlights.
 
Un son peaufiné en studio

"Notre premier album parlait de la lutte contre la polio, qui a fait de nous ce que nous sommes" explique Ricky qui a contracté la maladie à l’âge de trois ans. "Ma tête, nos têtes tournent toujours bien." Ce deuxième album, qui s'adresse à tout le monde, en est la preuve par 9 : à savoir les huit membres du Staff Benda Bilili et l’équipe qui les accompagne depuis le début de l’aventure internationale (les réalisateurs Florent de la Tullaye et Renaud Barret, le producteur Vincent Kenis, Michel Winter de Mukalo Production pour le management, le label Crammed Discs et Run Prod, leur tourneur). Dans les paroles des chansons, il est question d’amour, de mariage, du manque de travail, de la mendicité, de la violence…
 
A la différence du premier opus, Bouger le Monde a été enregistré dans un vrai studio et non plus en prise directe - Très très fort avait été enregistré en quatre jours seulement dans le parc zoologique de Kinshasa. "Le Studio Renapec a vu passer les plus grandes stars de la musique zaïroise (Franco, Tabu Ley, Papa Wemba…)" explique Guillaume Carpentier qui était présent au côté de Vincent Kenis lors des prises et gère le son de leurs tournées. "L’album a été travaillé en amont. Si on a préservé l’aspect live, joué ensemble, on a pu isoler les musiciens afin de soigner le son de chacun. Forcément Bouger le Monde sonne plus urbain, plus pêchu" commente-t-il.

D’autres influences - des rythmes du folklore congolais, mais aussi du reggae ou des emprunts aux musiques actuelles - viennent élargir la palette musicale du band. Leurs premiers fans retrouveront même des titres (Kuluna-Gangs…) qu’ils interprétaient déjà sur scène.

 
Staff Benda Bilili Bouger le Monde (Crammed Discs) 2012
En concert le 8 septembre à Guyancourt, le 26 à Dijon, le 29 au Casino de Paris et en tournée en France, en Europe et en Amérique du Nord