Mamy Kanouté

Mamy Kanouté
Mamy Kanouté © D. Sy

Choriste de Baaba Maal auprès duquel elle a fait l’essentiel de sa carrière, la chanteuse sénégalaise Mamy Kanouté s’offre un second album baptisé Mousso Lou, dix ans après The East Wind. Un projet acoustique qui charme par son élégance, et s’appuie sur le mariage entre les instruments traditionnels et les cordes des violons occidentaux.

Si la discographie de Mamy Kanouté n’est guère étoffée, elle laisse deviner assez clairement la propension de l’artiste à sortir des sentiers battus, tout en continuant à avoir les pieds ancrés dans sa culture. Logique, quand on commence à 14 ans à accompagner un chanteur phare comme Baaba Maal, qui a déjà ce profil.

En 1998, sous le nom de Cissé Diamba Kanouté, elle avait participé au projet afro-jamaïcain très remarqué du guitariste vétéran Ernest Rangling, In Search of The Lost Riddim. Puis on l'avait retrouvé dans l'équipe des African Divas avec lesquelles le producteur et deejay français Frédéric Galliano a enregistré un double album afro-électro en 2002, et aussi sur Kora Revolution de son oncle Kaouding Cissoko, l'un des maîtres de la kora disparu en 2003. La jeune femme lui rend d'ailleurs hommage sur ce deuxième album, à travers la chanson Saya Mandi.

À la base de ce projet, il y a l'invitation du koriste (ou korafola, pour utiliser le terme approprié) sénégalais Bao Sissoko et du violoniste belge Wouter Vandenabeele de prolonger leur entente musicale développée sur scène en duo, après avoir d’abord tous deux participé à l’album d’Issa Sow en 2009.

Rien à voir pour autant avec les scénarios, parfois arides, mis en place par la paire Ablaye Cissoko et Volker Goetze ou par celle qui réunit Catrin Finch et Seckou Keita. Ils sont plus de trente, pour deux tiers à Dakar et le reste en Belgique, à avoir participé aux treize chansons. Mais les deux maitres d'œuvre qui se sont chargé des arrangements sont parvenus à garder une forme de sobriété. Les neuf violonistes ont apporté leur touche, sans noyer le propos ni altérer cette spontanéité instinctive qui se dégage du cœur des chansons, marque de fabrique des griots.
Mamy Kanouté Mousso Lou (2014)