Charlotte Dipanda

Charlotte Dipanda
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Débarrassée désormais de la tentation de vouloir montrer l’étendue de ses capacités, la Camerounaise Charlotte Dipanda a resserré sa démarche artistique sur son second album Dube L’am pour laisser plus de place à ses mélodies venues du passé, avec la caution de son illustre aîné Toto Guillaume.

Elle n’a pas la voix de son âge et c’en est presque déstabilisant. Difficile de croire qu’il s’agit d’une jeune femme d’à peine 25 ans quand, à l’écoute, on jurerait qu’elle en a 30 de plus. Déjà, dans Mispa, ce sentiment affleurait par moments. Sur Dube L’am, il est présent de la première à la quatorzième chanson. "Je pense que je suis habitée", reconnaît Charlotte Dipanda du bout des lèvres.

Elle parle de "mémoire culturelle" qui s’exprime sans avoir vraiment conscience qu’elle possède ce bagage-là au fond d’elle. Car elle se montre elle-même étonnée de ce qu’elle dégage mais aussi de ce qu’elle compose, comme Toma me qui ouvre l’album, sur un rythme ngono de sa région.

Ou encore Mukusa, un makossa d’antan, venu spontanément à l’esprit. Pour ce titre, elle est allée frapper à la porte de Toto Guillaume. Le spécialiste tout désigné pour un tel morceau. "Un mythe", confie-t-elle. "Le voir assis dans mon salon, une guitare à la main, en train de jouer ma chanson, c’était juste incroyable." L’homme clé de la musique camerounaise des années 70 et 80 est sorti de sa retraite pour apporter son savoir faire, conforter sa prometteuse compatriote dans ses choix.

Le bassiste Guy N’Sangué, déjà impliqué en tant que réalisateur du premier album, a pris le relais et assuré les fonctions de maître d’ouvrage. Charlotte, soucieuse de montrer qu’elle savait s’ouvrir, a demandé à Richard Bona, Lokua Kanza et Coco M’Bassi s’ils pouvaient lui proposer des chansons. Un bon moyen de savoir comment ils la voyaient, artistiquement.

Résultat, tous lui ont envoyé des ballades, l’amenant à mieux assumer cette facette et affirmer davantage sa personnalité. Plus cohérent, plus homogène, ce nouveau disque est le fruit d’une réflexion qu’on devine plus élaborée, tournée surtout vers le registre de l’émotion, dans une certaine sobriété.

Charlotte Dipanda Dube l'am (Fait main production) 2012

Le site de Charlotte Dipanda