Joey, le Soldat au pas cadencé

Joey, le Soldat au pas cadencé
Joey le Soldat © R. Leveque

Burkin Bâ est le deuxième opus solo du rappeur burkinabé Joey le Soldat. Produit par Tentacules Records, il renforce l’axe Ouagadougou-Bordeaux usiné par le label bordelais depuis quelques années.

La Parole est mon arme, son premier opus imposait à l’automne 2012 ce soldat qui a fait ses classes sur les bancs de la fac de lettres modernes de Ouagadougou, la capitale du Burkina Faso. Un peu plus tard, Waga 3000, l’album bicéphale enregistré avec son compatriote et frère d’arme Art Melody sur des beats signés DJ Form (from Bordeaux), soulignait la veine sociale des ces deux MCs intègres.

Pour ce nouveau solo, le Soldat, réserviste puisque déjà trentenaire, a rappelé sous son drapeau Form mais aussi Redrum, entendu sur les albums d’Art Melody, et 76’os, un autre beatmaker bordelais qui sous le nom de Fils du Béton le rejoint au micro sur Question d’Honneur. "Haï par les uns, détesté par les autres, j’ai trouvé ma route, évité la déroute. Pour moi c’est un défi, une question d’honneur…" rappent-ils tous deux en français.

Militant de l’unité et du rassemblement, Joey tient à faire mouche, à être compris par les siens, c’est pourquoi il privilégie le moré (la langue des Mossi) plus que le français. S’adressant avant tout aux enfants de son pays (Burkin Bâ), il sait concocter des formules qui font sens : "c’est dans l’union qu’on monte le toit d’une case".

Très actuel, presque électro, parfois sombre, le son structuré de cet opus servi par un mastering signé Dave Cooley (Stone Throw), vient appuyer le flow puissant du Soldat au service de la jeunesse de son pays.

Joey le Soldat, Burkin Bâ (Akwaaba Music/Tentacules Records) 2014
Page Facebook de Joey le Soldat
En tournée en France au printemps