Rachid Taha

Rachid Taha
© M.Antoine Serra

Avec Zoom, Rachid Taha travaille sa focale et s’offre tout le loisir de ses mises au point. Ce neuvième album sous son nom, travaillé avec la complicité de Justin Adams et de Brian Eno, marque le retour d’un sphinx qui ne parle pas la langue de pierre, mais bien celle d’un rock exigeant quelque part entre Maghreb, Europe et Etats-Unis d’Amérique.

La première sortie scénique de Rachid Taha fut pour les Transmusicales de Rennes en décembre dernier. Véritable événement célébré comme il se doit avec quelques invités de choix dont l’ex-Clash Mick Jones, ce concert levait le voile sur l’album qui ne sort qu’aujourd’hui. Ce concert du rocker oranais qui a grandi dans l’Est de la France avant de devenir le leader lyonnais de Carte de Séjour et de gagner la capitale, a rassuré les plus inquiets qui se demandaient comment, après un long compagnonnage avec Steve Hillage (Gong, System 7), il pouvait rebondir, revenir avec un souffle nouveau.
 
En fait, rien n’a changé même si l’on croise désormais à ses côtés en studio Justin Adams (JuJu, Les Triaboliques…) ou Brian Eno, le co-auteur avec David Byrne du cultissime My Life in the Bush of Ghosts. Rachid Taha est toujours le principal instigateur de ces albums.
 
En bon artisan appliqué, il répète les mêmes gestes, enfonce les mêmes clous. Pour lui, et il l’assène depuis des années, la babouche et la santiag ont le même ADN, probablement enfoui dans les grands déserts du monde.
 
Alors qu’il rende hommage à Oum Kalsoum avec son Zoom sur Oum ou qu’il reprenne à sa sauce le O sole Moi, déjà revisité par le King Presley, en Now or Never, son discours est le même. Rachid aime les pieds de nez. Il sait être léger, presque futile parfois, mais ne s’interdit jamais la gravité.
 
La vie, pour lui, a un sens et il ne saurait être giratoire. C’est d’ailleurs parce qu’il a l’impression que l’on n'avance pas sur la question du racisme qu’il revient 20 ans après avec une nouvelle version au casting prestigieux (Agnès B, Rachida Brakni, Eric Cantona, Femi Kuti, Christian Olivier) de son brûlot Voilà Voilà.
 
Rachid Taha Zoom (Naïve) 2013
En concert le 16 mai au Trianon
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