Oum dénude ses chansons dans le désert

Oum dénude ses chansons dans le désert
Oum © DR

Comme les tisseuses de tapis boucherwi du Sud marocain, la chanteuse Oum assemble différentes textures et couleurs sur son quatrième album Zarabi, conçu aux portes du désert en comité restreint.

Quelle direction aura-t-elle prise, cette fois-ci ? C’est le genre de question qu’on peut se poser lorsque vient le moment de découvrir un nouvel album de Oum. Sans appréhension sur la qualité, car la chanteuse marocaine magnifie tout ce sur quoi elle pose sa voix, pas tant pour ses prouesses vocales que pour l’atmosphère qu’elle sait installer.

Elle l’a montré dans le récent passé avec Manu Dibango (Oum Song, sur l’album Past Present Future du saxophoniste camerounais), en invitant le rappeur américano-ghanéen Blitz The Ambassador sur son second album, puis dans le suivant, Soul Of Morroco, paru en 2013 et qui lui a permis de se faire davantage connaître sur la scène internationale.

Ce nouveau projet discographique prend un peu le contrepied de ce que la jeune femme a fait auparavant : elle explique que "pour une fois", elle a eu l’intention de "ne pas faire quelque chose de très esthétique". Ne pas chercher à opérer dans le registre de la séduction, mais jouer la carte de la simplicité. Et pour cela, rien de mieux que le désert, dans lequel "vous êtes face à vous-même, il n’y a pas de mensonge possible".

Fin février, avec les quatre musiciens qui l’accompagnent sur scène, elle s’est donc rendue dans le sud de son Maroc natal. Et pendant quatre jours et quatre nuits, tout ce petit monde a enregistré dehors, plutôt que dans la maison restaurée que Oum avait repérée dans l’oasis de M’hamid El Ghizlane, ville où se tient le festival Taragalte dont elle est la marraine.
 
L'enregistrement eut lieu au plus près du son, avec un minimum d’arrangements, sans effet, la musique telle qu’elle se pratique naturellement dans cette région. C’est ce que la chanteuse voulait retrouver, et qui transparait tout au long du disque, avec les influences de chacun. Car son quatuor a la particularité d’être constitué de deux Marocains (oud et percussions) et deux Cubains (trompette et contrebasse).
 
Zarabi, qui s’intitule ainsi en référence aux tapis tissés par les habitantes de la région à partir de vêtements qu’on leur apporte, s’achève d’ailleurs par une adaptation, en arabe dialectal marocain, d’une chanson de la Cubaine Maria Teresa Vera.
Oum Zarabi (LOF Music/MDC) 2015
Page facebook de Oum
En concert au Café de la Danse, à Paris le 13 octobre.