The Bewitched Hands, la force du collectif

The Bewitched Hands
© Jive/Sony Music

Formés en 2007, les Rémois de Bewitched Hands n’ont cessé depuis de faire parler d’eux dans la sphère rock hexagonale. Leur secret ? Quelques hymnes pop fédérateurs teintés de psychédélisme et une énergie collective spontanée et mouvante, proche des Canadiens d’Arcade Fire ou des Franco-Américains de Moriarty. Décryptage d’un phénomène, quelques jours après la sortie de leur deuxième opus, Vampiric Ways.

Avec un nom pareil ("Bewitched Hands", les mains ensorcelées en français) et un son anglo-saxon sans attaches apparentes avec la France, on aurait pu les croire de Brooklyn, de Londres ou Montréal. Mais le très couru sextet rock nous vient de Reims, et leur terrain de jeu, même s’il tend à s’étendre de l’autre côté de la Manche et de l’Atlantique, se trouve pour l’instant sous nos latitudes. 

Pour la petite histoire, l’acte de naissance de The Bewitched Hands a eu lieu il y a 5 ans, à la suite d’un concert révélation dans un petit club de Reims. "C’est un concert collectif à l’Appart Café qui nous a décidés, explique Antonin, chanteur et guitariste du groupe. Il y avait beaucoup de monde sur scène, guitares, tambourins, chœurs… Et nous nous sommes surpris nous-mêmes de l’ampleur sonore dégagée par ce big band improvisé. Tous les membres actuels du groupe n’y étaient pas, mais cela nous a donné l’envie de créer un groupe dans cet esprit-là."
 
À l’époque, le groupe, baptisé The Bewitched Hands (On The Top Of Our Heads), n’a pas encore raccourci son nom, et se compose alors d’une dizaine, puis de sept musiciens. La notoriété, elle, viendra rapidement. Concours de magazines spécialisés, participation aux Transmusicales de Rennes en 2008 et, surtout, une collaboration remarquée sur l’album de leur voisin et ami rémois, Yuksek.
 
Leur premier album, Bird & Drums, achève de les placer parmi les grands espoirs de la pop anglophone made in France. Et Reims de devenir l’un des hauts lieux du rock en France, où les membres du groupe résident et travaillent toujours. "Les acteurs de cette scène sont toujours présents dans l’actualité musicale, et toujours rémois pour la plupart, explique Antonin. Reims est une petite ville, qui ne pesait pas lourd sur la carte musicale de France, maintenant que les choses ont changé, on voit vraiment naître de nouveaux projets, une émulation…"
 
Vampiric Way
 
Quelques centaines de concerts plus tard, le sextet certifié d’une renommée grandissante s’offre un deuxième album cette année. Vampiric Way, produit par Julien Delfaut, prouve que Bewitched Hands n’a rien perdu de sa force : celle d’un véritable collectif, capable de vrais hymnes fédérateurs et de recherches soniques, sans perdre l’enthousiasme et la fraîcheur initiale. "Chacun a apporté ses propres compositions, parfois embryonnaires, parfois moins. Nous les retravaillons ensuite tous ensemble, même si l’arrivée de Julien Delfaud nous a permis pour la première fois d’avoir un regard extérieur pendant l’enregistrement…"
 
Parfois mystique, parfois rétro-futuriste (50’s Are Good), Vampiric Way s’ouvre sur des orgues d’église et des chœurs synthétique, avant de plonger dans une histoire de fantômes sur Westminster. "C’est un peu notre morceau emblématique, explique Antonin. Sa tonalité mystique a imprégné tout l’album et influencé l’esthétique autour du disque, du clip."
L’exemple même d’une forme de liberté plutôt revigorante chez ces six musiciens adeptes de la pop "à bulles". 
 
The Bewitched Hands Vampiric Way (Jive/Sony) 2012
En tournée en France et en Belgique, le 23 novembre au Trianon (Paris, le 13 décembre au Botanique (Bruxelles)…