Phoenix ne connaît pas la crise

Bankrupt! de Phoenix
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Les quatre Versaillais tentent de se renouveler en laissant de côté les guitares et les mélodies insouciantes. Bankrupt! a de quoi surprendre un peu les habitués de la pop façon Phoenix.

 

Après l’énorme succès de leur précédent opus, Wolfgang Amadeus Phoenix (2009, un million d’albums), les quatre Versaillais étaient attendus au tournant. Pour composer cet album, Phoenix a fait table rase des précédents, comme à chaque fois.

Bankrupt! a été conçu en Australie, début 2011, au milieu d’une tournée. L’enregistrement a eu lieu dans le studio new yorkais des Beastie Boys, où trainaient pas mal de claviers, qui sont plus présents sur cet album que les guitares. Un clavier acheté 30 euros d’occasion a été l’instrument fétiche du groupe en studio, aux côtés de la coûteuse console Harrison 4032 qui fut utilisée pour enregistrer Thriller de Michael Jackson et de la boîte à rythme LM1 de Stevie Wonder. Nostalgie de gamin ou filiation musicale…
 
La gestation aura quand même duré deux années. Ce cinquième album aura été mis au monde dans le studio parisien de Philippe Zdar, le cinquième membre du groupe, selon les musiciens de Phoenix.
 
La première écoute peut surprendre : des sons synthétiques parfois datés, des mélodies rarement évidentes, des arrangements complexes… Moins insouciant, Phoenix explore de nouveaux territoires, souvent de façon expérimentale, comme au milieu de l’album avec Bankrupt!, sorte de bande originale psychédélique. Le groupe avoue avoir réécouté David Bowie, son influence resurgit çà et là.
 
La pop de Phoenix se fait plus aventureuse, moins évidente, mais toujours aussi classieuse, entre sonorités ambient ou légèrement asiatiques.
 
Phoenix, Bankrupt!, (Loyauté/Atlantic/WEA) 2013
En concert le 26 mai à La Cigale à Paris
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