Hollysiz entre dans la danse

Hollysiz entre dans la danse
HollySiz © D. Cosse

Elle est sans conteste l'une des surprises et sensations françaises de l'année. Avec son projet Hollysiz, la comédienne Cécile Cassel a damné le pion à ceux qui pensaient qu'elle ne chantait que par opportunisme. Son fringant album My name is n'a pas fini de séduire.

Encore une actrice qui chante. On les entend déjà les grincheux déverser leur fiel. Ajoutez à cela qu'elle fait partie d'une famille célèbre aussi bien artistiquement que médiatiquement, et voilà les mêmes, prêts à hurler aux loups. Le capital de crédibilité n'était donc pas gagné sur le papier.

Mais à moins de faire preuve d'une mauvaise foi démesurée, difficile de ne pas reconnaître à Cécile Cassel, une lente montée en puissance placée sous le sceau de la précaution. Le projet Hollysiz n'est pas né d'un caprice soudain. Quatre ans de gestation, cela demande de l'abnégation. Jouer dans des clubs devant dix personnes, cela vous oblige à ranger votre fierté au placard.

Il fallait donc en passer par là pour ne pas se laisser écraser par le poids de l'héritage familial. Et se créer à la fois une autre identité doublée d'un personnage afin d'avancer initialement incognito. Pourquoi Hollysiz d'ailleurs ? Parce que Siz c'est le surnom donné depuis longtemps par ses amis et Holly, c'est le prénom de Sissy Spacek dans Badlands de Terrence Malick, un film qui l'a énormément inspiré lors du processus d'écriture. La présentation serait presque complète si on n'avait pas omis de préciser que la jeune fille a osé avec réussite, une capillarité blonde platine.

Rencontre déterminante

Sur le chemin de Cécile Cassel, une rencontre déterminante. Celle du groupe Yodélice qui lui ouvre les portes de son studio et la pousse dans ses retranchements. Elle prend alors son destin de chanteuse en main. Gravit les échelons à son rythme. Et multiplie les premières parties à forte visibilité (-M-, Julien Doré, Brigitte...). Sa voie est tracée.

L'été dernier, elle poste la vidéo de Come back to me. 150.000 vues dès les premières vingt-quatre heures. Dans ce clip, elle est affolante d'énergie, dansant de manière euphorique et glissant même un numéro de claquettes – clin d’œil à son père Jean-Pierre Cassel – détonant. Et ledit morceau en question ? Juste une petite bombe imparable qui arrive à vous faire croire, à quatre heures du matin sur le dancefloor, qu'elle n'est destinée qu'à vous. C'est dire sa force d'attraction.

Dans cet album, dont la réédition agrémentée d'inédits et de reprises est prévue pour le 29 septembre, Hollysiz slalome sans sortie de route entre rock, punk et disco-glam. Une voix claire, souple et libre. Un furieux appétit pour le refrain accrocheur. Un équilibre parfait entre liesse fédératrice (Tricky Game, Hangover) et plages plus vénéneuses (What a man hides, A shot).

On comprend alors aisément que les Victoires de la musique l'aient nommée cette année dans la catégorie Révélation et que Nicola Sirkis, leader d’Indochine, lui a confié les clés pour ouvrir ses deux Stade de France il y a quelques semaines. Ce sont des morceaux félins et contagieux. Ils ont un pouvoir de séduction indéniable. Comme sa chanteuse.

Hollysiz My name is (Parlophone) 2013
Site officiel d'Hollysiz
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