Captain Kid, la clarté mélodique

Captain Kid, la clarté mélodique
© Elina Keshisheva

Le Parisien Captain Kid réussit un premier album 67 songs, sorti sur le label Discograph. Une belle sculpture pop taillée par un architecte du son nommé Julien Ribot.

La pop orchestrale de Captain Kid a des allures de morceaux classiques. La musique fait virevolter des instruments à vent et à cordes mais aussi un clavecin, un ukulélé, une guitare, une basse et une batterie. L’envie de tisser des liens entre toutes les musiques de la vie de Sébastien Sigault, le capitaine, s’est conjuguée avec une envie de plaire aux femmes.

D’ailleurs au départ, We and I, le premier single de ces 67 songs devait être un cadeau exclusif de Sébastien à sa petite amie. Loupé, le désormais tube était trop remuant pour rester dans le coffret de l’intimité d’un couple. Il faudrait aujourd’hui un coffre-fort pour consigner les louanges faites à ce court morceau d’un peu plus de deux minutes. Le clip publicitaire où la chanson a un temps élu domicile a contribué à faire connaître Captain Kid partout.

Epopée pop

Un coup de chance, mais aussi un coup de génie qui permet de remplir les caisses et de peaufiner dans un confortable studio un sacré bel objet. 67 songs a été pensé comme un joli tableau de maître, un canevas où les influences de la pop britannique et la folk américaine 60-70 sont nettes, où l’auteur-compositeur et interprète parvient aussi à transmettre une certaine idée du romantisme à la française.

En route pour une épopée pop conquérante que ne renierait pas Scott Walker ou Neil Hannon, Captain Kid s’est entouré d’un quatuor magique de musiciens et il a pris Julien Ribot en copilote de son vaisseau pop. Les deux garçons correspondaient et Sébastien Sigault a finalement demandé à Julien Ribot d’arranger et de réaliser l’album. "Quand j’ai vu le travail qu’il a fait pour les autres (Kahimi Karie, Orly Chap…), je lui ai proposé de faire la même chose avec moi."

Pour le choix des instruments, les types de sonorité et de timbre à obtenir, l’ingénieur du son Romain Clisson aussi été mis à contribution. "J’ai rêvé de faire le disque ainsi. J’en suis très fier et tout le monde s’est vraiment investi. On a eu de superbes conditions pour l’enregistrer."

Captain Kid et chef de label

L’élégance de Captain Kid se situe dans la parfaite harmonie entre les instruments. Le clavecin sur Sad Waltz s’ébroue avant de céder la place à une harpe et à un violon. Le tout sonne pop-rock pourtant. Captain Kid et son équipage ont réussi à capter des moments de grâce en descendant dans l’échoppe d’un facteur de clavecins pour y saisir le son de l’instrument dans son élément naturel. "On avait l’ordinateur portable, les préamplis et les parties de clavecin ont été enregistrées sur place" aime à répéter Captain Kid.

Par ailleurs fondateur d'un label indépendant, Sébastien Sigault troque un instant sa casquette de Captain Kid pour celui de chef de label, conscient de la chance qu’il a. "Je sais que beaucoup de très bons nouveaux groupes, comme nous, ne pourront pas faire carrière. C’est pour cela que j’ai créé Savoury Snacks. Ce label me permet de trouver un distributeur et de continuer de faire des disques ainsi que je le souhaite. Et le travail n’a fait que commencer, on enchaîne sur le premier EP du musicien Jérôme Pichon qui a joué et écrit pour 67 songs" (l’une des belles surprises de l’album, la chanson Nolita, Jérôme est aussi collaborateur de RFI Musique).

Captain Kid 67 songs (Savoury Snacks/Discograph) 2012
Concert au Divan du Monde à Paris le 13 juin