Psy4 de la Rime

Psy4 de la Rime
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Après le succès solo de Soprano, l’avenir collectif de son groupe Psy4 de la Rime était-il en péril ? Aucune inquiétude, cette quatrième livraison des francs-tireurs marseillais, intitulée 4ème dimension, va rassurer les fans. Revue de détail.

Dès la première écoute, on retrouve les fondamentaux de ce quatuor dopé à l’adrénaline : les voix au bord de la cassure d’Alonzo, Soprano et Vincenzo et les productions éclectiques de DJ Sya Styles, capable d’alterner électro dance (Crise de nerfs, coréalisé par Akos) et hip hop rugueux (Le retour des blocks, coréalisé par Spike Miller). L’intro de l’album mélange les génériques des séries américaines The Outer Limits et Twilight Zone (soit en français Au-delà du réel et La quatrième dimension).

Puis le premier featuring est marseillais. Dans Ton quartier nous connaît, c’est Sat L’Artificier, éminente figure de la Fonky Family, qui vient ajouter une "voix additionnelle" à celles de ses collègues. Un simple clin d’œil, les vrais featurings étant surtout féminins : Cheba Maria sur Princesse Sarah, Zaho sur Fallait le faire, Kayna Samet sur l’émouvant Enfants soldats et Ashley Poole sur King de ma life.

L’album est dominé par des titres énergiques, avec des voix haut perchées et des refrains incisifs : African Money reprend un gimmick classique ("Put your hands up !") pour vanter le goût de la flambe des Africains : "Stylés de la tête aux pieds, voilà comment nous sommes nés/Chez nous flamber c’est quelque chose d’inné (…) Si tu connais l’Afrique, tu connais la mentalité".

Les Psy ne négligent pas l’art de l’ego trip. Ainsi Lâcher de pits est-il basé sur l’épellation de leur nom ("P comme Pousse-toi de là quand débarque la Psy, man (…) S comme Salam, salut, shalom, solide, sincère (…) Y pour les Yankees, les winners, torse nu dans le froid, aya"). Crise de nerfs dresse le portrait de Marseille, une métropole gangrénée par la violence et fustigée par les médias ("La vraie capitale du crime sur BFM"). On est loin de l’image idyllique de la "ville du Sud qui brûle à plus de mille degrés" jadis louée par IAM dans Planète Mars. C’était en 1991, c’était il y a un siècle.

Les Psy4 sont dans le présent, musicalement et textuellement. Ils assument leur succès sans renier leur passé, comme l’indique cette rime de Visage de la Honte : "Je suis un ex-pauvre, pas un nouveau riche". Les larmes sont invoquées avec Enfants soldats, trois histoires tragiques dont le premier couplet, celui de Soprano, fait étrangement penser à Grégory Lemarchal ("Il en a bouffé, des castings/Pas facile avec les antibiotiques de chanter comme Sting/Mais quand résonnait sa voix, la détresse de ce terrien ressuscitait Balavoine"). Même ambiance lacrymale dans Princesse Sarah, qui frise la leçon de morale.

Les titres chargés d’adrénaline sont plus convaincants. L’album est certes un peu long. Mais l’énergie communicative de ces indomptables Marseillais qui "passent du rire aux larmes" (Ton quartier nous connaît) finit par emporter l’adhésion.

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Psy4 De La Rime 4ème Dimension (Def Jam France/Universal Music) 2013

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