Shaka Ponk en 3D

Shaka Ponk en 3D
Shaka Ponk © Shaka Ponk

Du rock sans prise de tête, un singe virtuel, des concerts spectaculaires et une bonne dose de second degré. C’est avec ces ingrédients que Shaka Ponk est devenu l’un des groupes les plus populaires de l’Hexagone. Au moment où son quatrième album, The White Pixel Ape, arrive dans les bacs, Ion Meunier, le batteur de ces drôles de geeks, raconte comment une bande de graphistes accros aux nouvelles technologies est devenue une formidable machine à remplir les salles et simplement, à envoyer une énergie résolument positive.

RFI Musique : À quel moment votre nouveau disque, The White Pixel Ape, a-t-il été écrit ?
Ion Meunier : Essentiellement à la fin de notre tournée précédente qui s’est achevée brutalement lorsque Frah, notre chanteur, a eu un accident de parcours. En plongeant dans le public lors d’un concert, il s’est abîmé un genou ; les ligaments croisés, le ménisque et même les muscles ont été touchés. Donc, on s’est très vite retrouvé à Paris, dans notre studio. C'est là qu’on a commencé à mettre en forme les idées qu’on avait eues dans le tour bus. Pendant le mois qui a suivi la fin de la tournée, on a beaucoup travaillé. On avait presque de quoi faire un album, mais bizarrement, alors qu’on sortait d’un moment très festif, on s’est retrouvé avec quelque chose d’assez dark. Avec ces annulations de concerts, on a réalisé toute la fragilité de ce qu’on faisait, il y avait comme un malaise. Alors, on a fait deux semaines de break et quand on s’est retrouvé, on a composé beaucoup d’autres titres, c’est-à-dire largement de quoi faire un deuxième album. Du coup, on a décidé de faire deux albums aux couleurs assez différentes, The White Pixel Ape et The Black Pixel Ape. Le "White", c’est le côté gai et joyeux de Shaka, et le "Black", qui a été enregistré en premier et sortira en septembre, c’est le côté plus rock’n’roll, sombre.

Votre musique est un mélange survitaminé d’électro-rock, de metal, de funk et même de hip hop. Cette notion de mélange est importante pour vous ?
Tous les six, on a en commun d’avoir beaucoup écouté le rock fusion de la fin des années 80 et du début des années 90 : les Red Hot Chili Peppers, Urban Dance Squad, Infectious Grooves, Downset et j’en passe… Mais plus que de la fusion, pour nous, c’est de la liberté. On ne veut pas s’ancrer dans un style, rester dans une case. On souhaite pouvoir faire ce qu’on a envie de voir, d’écouter ou de jouer, sans se poser de questions. Du côté du son ou des vidéos, on aime bien essayer, expérimenter et souvent, on est surpris quand on arrive à la fin d’une création. Comme nous sommes autodidactes, nous avons une idée en tête, nous partons pour la produire et au final, nous arrivons à des kilomètres de là où nous voulions aller.

Si l’on remonte le fil de votre histoire, le succès est arrivé tard. Il vous a fallu du temps pour imposer votre image et votre musique…
En effet, cela a nécessité du temps et de l’énergie ! Peut-être qu’on a eu notre concept un peu tôt et qu’il a fallu un moment pour qu’Internet, les réseaux sociaux et les nouvelles technologies sur lesquels on s’est appuyé deviennent plus populaires. Jusqu’ici, c’est vrai qu’on a passé beaucoup plus d’années à jouer dans des petites salles complètement vides que dans des grandes salles pleines des mois à l’avance, comme on en connaît aujourd’hui. On est maintenant suivis par des milliers de "monkeys" (surnom des fans de Shaka Ponk – NDLA), mais notre quotidien n’a pas beaucoup changé, nos journées sont vraiment très semblables à celles d’il y a quelques années. On est juste une bande de potes qui prend du bon temps.

Votre passage à Berlin, en Allemagne, a été très important dans ce parcours. On dit même que Shaka Ponk a commencé là-bas…
Non, le groupe a existé quelques petits mois avant de partir en Allemagne. Cela faisait déjà un moment que notre collectif de graphistes existait et puis, un jour, il a fallu aller sur scène. On voulait faire un concert dans lequel notre singe virtuel, Goz, chante et on n’a pas réussi à aller au bout de notre idée. Le singe n’arrivait pas à tenir un concert tout seul, Frah a donc pris le micro et c’est par la force des choses qu’on est devenu un groupe de rock, avec des musiciens en chair et en os. Et puis, très vite après cela, ça a été le départ à Berlin. Cet exil a été très bénéfique puisqu’il nous a mis face à nous-mêmes et qu’il en reste encore des traces, notamment dans le côté concerné face à l’écologie et dans l’écriture des textes.

Quels sont les thèmes dont vous parlez dans vos chansons ?
L’écologie, le futur, l’avenir de l’humanité, la tolérance, sans être pour autant moralisateurs. La démarche de Shaka n’a jamais été de se prendre la tête, il y a toujours eu un second degré et notre objectif premier est de faire passer un bon moment aux gens après leur journée de boulot. Le concept de Shaka Ponk, c’est Shaka, le côté zen, écolo, proche de la terre sous une forme assez punk, Ponk.

Dernière chose, Goz, votre singe virtuel, n’est pas trop jaloux de ce grand singe blanc, le White Pixel Ape ?
Il n’ose pas trop la ramener, parce qu’il est quand même costaud ce singe... (rires) Mais non, non, c’est la même famille ! En live, on fait même venir d’autres singes qui interagissent avec nous et le public. On s’amuse beaucoup sur scène et ça promet déjà pour l’année à venir…
Shaka Ponk The White Pixel Ape (Tôt ou Tard) 2014
Site officiel de Shaka Ponk
Page Facebook de Shaka Ponk