Izia, rock toujours

Izia, rock toujours
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Après un premier album certifié Disque d’or et deux Victoires de la Musique, la jeune rockeuse Izia reprend du service avec So Much Trouble, deuxième opus annoncé comme le tournant vers une écriture plus mature. Le point sur l’un des derniers phénomènes rock de notre vieux pays.

 

Furie rock, Janis Joplin française… Tout a été dit, ou presque, sur Izia Higelin, fille de Jacques et demi-sœur d’Arthur, propulsée sur le devant de la scène à dix-sept ans à peine, en première partie d’Iggy & the Stooges au Palais des Sports en 2007, puis aux côtés de ce même Iggy Pop deux ans plus tard sur la Musicale de Canal +.

Tout a été dit, ou presque, sur cette ascension fulgurante due, pour certains, au coup de pouce paternel. L’éclosion de la jeune chanteuse ne doit pourtant rien au hasard. La France de la fin des années 2000 ne s’était pas encore trouvée de voix féminines dans le rock. De celles qui défient sans complexe le bon goût et les convenances, à la manière d’une Catherine Ringer.

Insouciante, jeune et déjà un pied dans le monde du spectacle au sortir de l’adolescence, Izia s’est imposée en candidate idéale. Car la benjamine du clan Higelin a l’énergie du rock inscrite dans son ADN. Attitude punk, voix rauque et puissante, don de soi sur scène. Beaucoup y ont vu le portrait de son père, période BBH 75.

Le succès de son premier disque, collection de chansons brutes marquées par le rock rugueux des seventies (Janis Joplin et Led Zeppelin), l’a imposée sur toutes les scènes de France au cours d’une tournée triomphale de plus de 200 dates sold out. La consécration du métier est venue en mars 2010, avec deux Victoires de la Musique glanées devant un parterre d’invités visiblement peu habitués à tant de déflagration sonore.

Rock et ambitieux

Dès lors, l’impétueuse Izia change pour toujours de statut. Passée en moins d’un an du statut de curiosité à celui de star nationale, la jeune femme se sait attendue. On lui reproche ses faiblesses d’écritures, son manque de nuance vocale, elle entend répliquer avec un album plus mature et sensible.

Enregistré avec son complice de toujours, l’excellent guitariste Sébastien Hoog, So Much Trouble a de toute évidence bénéficié d’une production plus ambitieuse que son prédécesseur. On peut y entendre, ô surprise, des arrangements de cordes sur l’épique Twenty Times a Day, quelques notes de piano sur le single So Much Trouble, des chœurs nichés ça et là.

Hormis ces détails cosmétiques, les fans de la première heure retrouveront sans mal l’ingrédient essentiel du phénomène Izia : un rock'n'roll au féminin puissant et nerveux, même si la spontanéité débridée des débuts fait ici un peu défaut.

Difficile, en revanche, d’apprécier sa nouvelle "maturité" en matière d’écriture de chansons. Entre mélodies souvent monotones et paroles simplistes, la jeune furie rock a encore du chemin avant de tutoyer les sommets atteints par ses idoles, Patti Smith en tête. Verdict : pour les frissons garantis, courez plutôt la voir sur scène !

Site d'Izia

Izia So Much Trouble (AZ/Universal) 2011

En concert le 15 mars au Casino de Paris, le 16 mars au Bataclan, le 17 mars à la Maroquinerie…