Wendo Kolosoy

Wendo Kolosoy

Réunis dans un même coffret baptisé Botyiaki Ntembe, et réédités pour l’occasion, les deux albums Nani Akoleka Wendo ? et Banaya papa Wendo du chanteur Wendo Kolosoy occupent chacun une place particulière dans la carrière pleine de rebondissements du père de la rumba congolaise disparu en 2008 à 83 ans.

Son nom est devenu synonyme d’une époque pour ses compatriotes congolais, celle des années 50. "Tango Ya ba Wendo" dit l’expression en lingala. "Du temps de Wendo", en français. La formule a servi de titre dès 1966, à une chanson de Franco et de son orchestre du TP OK Jazz, l’un de ceux qui s’est engouffré dans la voie ouverte par le chanteur Wendo Kolosoy. Franco souhaitait rendre hommage à ce pionnier que son ascension avait du même coup poussé vers la sortie.

Puis c’est une émission de la télé nationale zaïroise qui a choisi de s’appeler ainsi. Et un film, sorti en 1993, coréalisé par Mirko Popovitch et Kwami Mambu Zinga. Ce moyen métrage a beaucoup contribué à remettre en selle celui qu’on considère comme le père de la rumba congolaise, à la fois en rappelant en images le rôle qu’il a joué et en lui donnant la possibilité de franchir une étape majeure sur le plan discographique avec Nani Akoleka Wendo ?.

Enregistré au moment du tournage, en grande partie dans d’anciens studios de Kinshasa, l’album est celui d’une résurrection. "J’ai appris qu’on raconte partout à Kinshasa que Wendo est mort", chante l’artiste – disparu plus tard en 2008 – d’une voix empreinte de tristesse dans Bakosi Liwa Ya Wendo. La rumba revit là sous sa forme traditionnelle. Fluide, simple, la guitare qui accompagne est aussi efficace que légère, rythmée par ces percussions qu’on devine obtenues en tapotant sur une bouteille de Primus.

Marie Louise figure aussi en bonne place sur ce CD. Le succès fondateur de la rumba africaine, au point d’en être aujourd’hui le titre emblématique, est paru à l’origine en 1948 mais son auteur en a depuis livré de nombreuses versions. Composé par Henri Bowane (celui qui sera sa moitié artistique durant une période intense d’enregistrement pour le label Ngoma), le morceau utilise le thème bien connu de l’amoureux rejeté par son futur beau-père… En réalité, selon Wendo, il avait été écrit pour remercier la sœur d’Henri Bowane chez qui les deux compères allaient déjeuner tous les midis !

En bonus, une interprétation live de Botyiaki Ntembe avec Pepe Kalle montre que Vieux Wendo n’avait pas été complètement oublié par les représentants de la scène congolaise en vogue au début des années 90.

L’autre partie du diptyque proposé par ce coffret est constituée par l’album Banaya Papa Wendo, le dernier de l’artiste. Celui-là date de 2004. Entre temps, l’ex-marin, ex-boxeur, a retrouvé un statut plus conforme à sa position de doyen. Un nouveau film lui est consacré, On The Rumba River, tourné par Jacques Sarasin dans la capitale congolaise. Quelques mois plus tôt, il avait mis à profit un séjour en Europe à l’occasion d’un concert, pour passer deux jours en studio, le temps de graver une dizaine de chansons avec son équipe de musiciens.

Wendo Kolosoy Botyiaki Ntembe (Cristal Records/Harmonia Mundi) 2011