Afro-Club, le hit des platines avec Lydia Jazmine, DJ Tunez et Afro B

La chanteuse ougandaise Lydia Jazmine. © Justin Campos

Cette semaine dans l’Afro-Club, le hit des platines est rythmé par les artistes KO-C & Ariel Shenney, Rayvanny, Tal B & Tenor, Lydia Jazmine & Facee Off, DJ Tunez & Oxlade, Afro B et enfin Adiouza.

KO-C et Ariel Sheney en featuring sur le titre On S'en Fout
Collins Njang, le fils de la ville de Kumba au Cameroun, plus connu sous son nom de scène KO-C, est de retour. Lui qui a commencé sa carrière en tant que parolier à 20 ans est devenu en 2017 un artiste confirmé qui fait les beaux jours de la musique urbaine de son pays. Signé sur le label Big Dreams Entertainment il a cartonné en juin dernier avec le titre Ça A Cuit, une chanson au texte humoristique, mais qui fait réfléchir, car KO-C s’adresse à la jeunesse de son pays pour les sensibiliser aux fléaux de la vie réelle, notamment aux relations amoureuses contre biens matériels. C’est fort de ce succès qu’il a invité son acolyte ivoirien Ariel Sheney sur le titre On S’en Fout. L’ex-poulain de DJ Arafat a fait parlé de lui un peu plus tôt dans l’année avec son titre Amina, une histoire d'amour version « nouchi » (garçon de la rue ndlr). Sur un rythme traditionnel, il a su mettre en lumière une histoire d'amour entre Amina et un jeune des quartiers difficiles qui lui exprime son amour malgré ses maladresses. Plus de 18 millions de vues à ce jour, un succès que l’on doit également à la participation de Maria Mobil, la sulfureuse mannequin et actrice togolaise vivant aux États-Unis. Cameroun-Côte d’Ivoire : combo gagnant.

Rayvanny déchaîne les pistes de danse avec Chuchumaa
Le chanteur tanzanien Rayvanny a le vent en poupe. En dévoilant le titre Africa (No Xenophobia), il a réagi à l’actualité sud-africaine où de nombreux étrangers étaient tués et chassés du pays par des "manifestants" xénophobes. Une vague d’attaques malheureusement récurrente dans le pays depuis 2008. Le gouvernement nigérian a même rapatrié 600 de ses ressortissants. Le natif de Dar Es Salam, Raymond Shaban Mwakyusa, a également remixé son titre phare Tetema avec un parterre de stars dont le rappeur américain Pitbull, le chanteur congolais Mohombi et le Tanzanien Diamond Platnumz. Pour rappel, Rayvanny est signé chez WCB Wasafi Records, un label dirigé par Diamond Platnumz. Il a rencontré le succès grâce au titre Kwetu, qui l’a présenté aux yeux du grand public comme un chanteur et non comme un simple danseur. En 2017, il est classé parmi les artistes à surveiller par la chaîne MTV Base, avant de remporter le prix du Best International Viewer Choice aux BET Awards. Son titre Chuchumaa, dévoilé le 5 octobre dernier a déjà atteint le million de vues sur YouTube. Un autre hit à mettre à son actif.

Le Malien Tal B invite le Camerounais Tenor aux USA
Youssouf Traore dit Tal B est issu d’une famille modeste dont le père est gendarme et la mère commerçante de la capitale Bamako. Son père étant décédé tragiquement dans l’exercice de ses fonctions au nord du Mali, Tal B a choisi d’exprimer ses maux à travers la musique et le rap en particulier. Très assidu en classe, il va obtenir un diplôme d’étude fondamental et intégrer le centre professionnel des Télécommunications du Mali. En 2002, il se met définitivement à la musique et se fera très vite remarqué car il rappe dans les 4 langues majeures du Mali dont le bambara, le peuhl, le sonrhaï et le tamashek. Artiste très engagé, il sort son premier album Ayi Dia Ami Dia à la faveur de la mixité culturelle en 2009. Il devient dès lors un poids lourd de la sous-région, du Burkina Faso au Niger en passant par la Guinée, le Sénégal et le Maroc. Il deviendra le premier rappeur malien de l’histoire à remplir le stade omnisports de Bamako lors d’un concert en 2011 avant de remettre ça deux fois de suite au célèbre Stade Modibo Keita en 2014, puis dans les villes de Kayes, Sikasso et Mopti. Vous l’avez compris Tal B n’est donc pas à son coup d’essai. En 2016, il sortait son album Sinignèsigui dont le titre éponyme était partagé avec le sénégalais Didier Awadi. En juin 2019, il a sorti son nouvel EP Afayal 3 qui voit la participation de Mohamed Diaby, Sidiki Diabate, le groupe ivoirien Kiff No Beat, Bkenzy et le camerounais Tenor avec qui il a signé le titre USA (United States of Africa ndlr). Un tout nouveau projet signé en édition chez Universal Music Africa.

L’Ougandaise Lydia Jazmine débarque avec Akaaba
Lydia Jazmine est née en 1991 à Masaka en Ouganda. Elle a commencé à chanter dans une chorale de son école avant de terminer ses études secondaires et de rejoindre un groupe appelé Gertnum. En février 2016, elle a obtenu un diplôme en administration des affaires et gestion. Elle se fera remarquer par le célèbre duo ougandais Radio and Weasel avec qui elle a signé un contrat professionnel. Son premier single était un duo avec le raggaman Rabadaba intitulé You Know, sorti en 2015. Plus tard, elle interprétera les chansons Cherie, Ebintu Byange, You And Me avec Daddy Andre, Hit & Run et No Letting Go avec Beenie Gunter. Elle a collaboré avec Bebe Cool et Sheebah Karungi. Dans son parcours professionnel, il faut noter que Lydia Jazmine a été sélectionnée en 2017 par le télécrochet Coke Studio Africa 2017, afin de représenter l’Ouganda. Elle a travaillé avec la chanteuse mozambicaine Liloca et le producteur sud-africain Sketchy Bongo. Elle est de retour avec le titre dancehall Akaaba en featuring avec le chanteur ougandais vivant en Afrique du Sud, Facee Off.

L’Américano-Nigérian DJ Tunez roi de l’afrobeats avec Causing Trouble
Michael Babatunde, connu sous le nom de DJ Tunez, est un DJ nigérian né le 10 mai 1989 à Brooklyn. Après avoir perfectionné ses talents de DJ sur les platines en club et sur scène, le producteur âgé de 30 ans a su trouver un son qui lui est propre. En 2015, il a été invité par Wizkid à rejoindre le label Starboy Entertainment, en tant que DJ officiel de la mégastar nigériane après que sa carrière a décollé notamment grâce au bouche-à-oreille dans la communauté africaine de South Brooklyn. En toute fin des années 2000, il a été le premier à lancer les soirées afrobeat alors qu’elles n’étaient pas encore très répandues. Il figurait sur la liste des DJ les plus écoutés d'Afrique de l'Ouest en 2018 sur les plateformes de streaming. Quelques années plus tard, après avoir travaillé discrètement sur sa propre musique, il a pris la décision de s'essayer formellement à la production originale. Le premier véritable produit de ses efforts a été le titre Iskaba du chanteur nigérian Wande Coal en 2017. Depuis, DJ Tunez a sorti le titre Turn Up avec Wizkid et Reekado Banks, il a aussi fait la première partie de Burna Boy à New York. Causing Trouble est donc son troisième véritable titre solo avec le jeune artiste nigérian Oxlade et le producteur Spax.

L’Ivoirien de Londres Afro B dévoile Afrowave 3 ce 11 octobre
Le tube international de l’album Afrowave sorti le 10 février 2017 est sans aucun doute Joanna (Drogba). Seulement, le chanteur Afro B qui en est l’auteur a mis un peu plus d’un an à sortir le clip de ce titre. Un premier remix de Joanna avait alors été proposé avec le Nigérian Wizkid. Succès au rendez-vous, mais moins que la version originale. Afro B n’a pourtant pas dit son dernier mot en dévoilant un autre remix de Joanna avec le rappeur américano-marocain French Montana. Et c’est surtout grâce au #DrogbaChallenge que l'artiste ivoirien basé au Royaume-Uni a lancé avant la sortie de la vidéo officielle, ce qui a conduit à une diffusion remarquable dans les médias aux États-Unis, au Royaume-Uni et dans le reste du monde. Dans Afrowave 2, Afro B a conservé le style dancehall, afrobeat et rap que l’on retrouve dans les singles à succès Melanin et Shaku Shaku. C’est donc dans une forme olympique qu’il revient ce vendredi 11 octobre avec une 3e version de son projet Afrowave. Il faut dire qu’il est attendu au tournant, et Afrowave 3 contient déjà un potentiel hit avec le titre Fine Wine & Hennessy en featuring avec Slim Jxmmi ou encore Go Dance partagé avec le Jamaïcain Busy Signal. Un projet dont on sait déjà que le chanteur américain T-Pain sera au crédit, ainsi que l’humoriste ivoirien Observateur.

La Sénégalaise Adiouza ne déçoit pas avec Bus Bi
Adji Kane Ouza Diallo, plus connue sous le nom d'Adiouza, est née à Dakar d’un père lui aussi artiste engagé connu sous le nom de Ouza. Sa maman était secrétaire avant de quitter son emploi et devenir la manager de son mari de 1979 à 2004. Adji a grandi dans un environnement musical et c’est tout naturellement qu’elle fait ses premiers pas sur la scène aux cotés de son frère Cheikh Lô Ouza Diallo, pianiste, choriste et chanteur, qui fut son mentor. Néanmoins se lancer dans la musique pour elle n’était pas chose facile car son père a insisté pour qu'elle finisse ses études. Après l’obtention de son baccalauréat, Adiouza a suivi des études d’ethnomusicologie à Paris en 2004, dans le même temps elle est passée au conservatoire de l’Hay-Les-Roses (France). De 2005 à 2007, elle se produit au cabaret « Les Trois Maillets » de Paris. En 2006, sa rencontre avec Cheikh Tidiane Seck bouleversera définitivement sa carrière musicale. En 2008, alors qu’elle passe sa maîtrise, Adiouza a sorti son premier album Maadou, arrangé par Cheikh Lô Ouza Diallo et réalisé par Ibou N’dour. Ce premier produit marquera les Sénégalais avec notamment la reprise en version mbalax du classique Carmen. Un tournant dans la carrière d’Adiouza, qui devient la révélation féminine de l’année 2008 au Sénégal. Depuis, chaque sortie de la chanteuse est devenue un évènement. En 2016 elle consacrera une chanson à son père, intitulé Daddy. Plus d’un million de vues. Aujourd’hui elle revient avec le titre Bus Bi qui raconte un coup de foudre et une histoire d’amour avec un illustre inconnu, près de deux ans après le succès de Ma La Nob signé chez Keyzit Music. Adiouza fêtera ses 10 ans de carrière le 27 décembre prochain au Grand Théâtre de Dakar.

Retrouvez les titres les plus diffusés dans les clubs et discothèques du continent dans la playlist de DJ Face Maker sur Deezer et YouTube avec RFI Musique.