DJ Cam

DJ Cam
© RFI Musique
Passeport artiste
1973
Pays:  France
Qualité:  Compositeur
Genre musical:  Electro

Laurent Daumail est né en 1973. Il apprend le piano entre 8 et 12 ans. Son père, restaurateur est amateur de jazz et donne à son fils le goût de cette musique. Pourtant, son parcours scolaire n'a rien à voir avec cette discipline et après le baccalauréat, il se lance dans des études de commerce, qu'il suit avec assiduité.

Biographie: 

Durant son adolescence, il achète une batterie électronique ainsi qu'une basse. Désireux de passer à autre chose, il vend le tout et acquiert des platines. Boulimique d'enregistrements récents, c'est en fait le hip hop qui le mène vers l'univers peuplé de machines diverses où le sample est roi. Il est d'abord très influencé par Erik & Rakim ainsi que par Public Enemy, qu'il écoute en boucle. Il débute sa "carrière" de DJ à l'âge de quinze seize ans en organisant des soirées où funk et hip hop enflamment les "dance-floor".

En 1993, il fonde le label Street Jazz et sort un premier maxi vinyle "Dieu reconnaîtra les siens", qui semble être quelque peu en avance sur la vague venue d'Angleterre. En effet, personne ne croit en sa musique.

"Underground Vibes", savant mélange de hip hop et de jazz, constitue le premier album de DJ Cam, produit par lui-même en mars 1995, sur son nouveau label Inflammable Records. Entièrement réalisé en France, il se vend à quelques 15.000 exemplaires à travers le monde, ce qui constitue un succès pour ce type de production. La richesse musicale de cette album est due évidemment à la grande connaissance du DJ, fan de jazz dont il sample les thèmes avec précision et respect. On s'approche d'un style dont le mot n'existe encore pas, le trip hop, bientôt lancé en Grande-Bretagne sous l'impulsion de groupes comme Massive Attack et Portishead. En fait, le mot le plus précis semble être dans son cas "abstract hip hop" ou hip hop instrumental.

"Celui qui fait pleurer les machines"

Peu importe finalement l'étiquette, reste le réseau de contacts pris à travers le monde, qui donne rapidement une envergure internationale à la carrière du DJ. Du Japon, où il est devenu une véritable star dans le microcosme de la scène techno à Lady Miss Kier, égérie du groupe américain Deee Lite lui demandant sa collaboration pour un album solo, DJ Cam est devenu incontournable.

Peu connu du grand public français, il se produit quand même en décembre 95 aux Transmusicales de Rennes, réputées pour leur éclectisme musical ce qui lui permet de sortir au Printemps 96 un disque live "Underground Vibes Act".

"Celui qui fait pleurer les machines" comme le nomme la presse spécialisée sort un nouvel album en novembre 96 intitulé "Substances" sur son propre label, distribué par la multinationale Sony. Souvent mélancoliques, les différents titres sont peuplés de voix, de samples de mélodies cool-jazz provenant d'Alice Coltrane (épouse de John) par exemple. Les rythmiques hip hop trouvent aussi leur place dans cette ambiance veloutée. DJ Cam fait appel dans cet album à la voix pure et subtile d'une indienne, Kakoli Sengupta, pour le titre "Meera".

Inclassable

Le jeune homme aux yeux bleu intense voit large et ne se cantonne pas à un type de musique, enfermé dans son studio. Il écoute, échange et voyage de New York à Tokyo. Des artistes de variétés comme Carole Laure ou Jean-Louis Murat font appel à lui pour donner un "son" à leur album de variété. Ces incursions dans un monde musical différent du sien ne dérangent pas celui qui avoue un faible pour Alain Souchon.

Sa notoriété dépassant les frontières, il est invité à participer à l'album de DJ Krush, japonais du label Mo'wax, et à remixer les titres des anglais de Tek 9. En 1997, sort un album de la série DJ Kicks, dans lequel DJ Cam fait office d'élément fédérateur auprès de "collègues" et propose une compilation de remixes avec entre autres, The Mighty Pop, Tek 9, et Daphreephunkateerz.

En avril 97, DJ Cam sort "The Beat Assassinated" chez Inflamable records. Des anglo-saxons de Silver Bullet, Channel Live ou Otis jusqu'au toulousain Dadou du groupe KDD (il n'est pas sectaire dans ses choix ! ) sont invités à venir rapper sur cet opus précis et percutant. Rencontre créative, cet album franchement hip hop permet à son auteur de retrouver le courant qui le faisait vibrer alors quand il avait 17 ans.

Mais DJ Cam est un chercheur sonore. Son œuvre n'est pas figée dans un style. D'ailleurs, c'est du côté du culte vaudou qu'il va dorénavant chercher son inspiration. Complètement conquis par sa musique et sa culture, le musicien en fait la base de son nouvel album qui sort en 2000, "Loa project" (loa : les esprits du vaudou). Avec cette incursion dans le monde du surnaturel, DJ Cam s'éloigne un peu plus de ses collègues DJ. Le premier simple s'intitule "Juliet" du nom de sa fiancée. Comme il le dit lui-même, ce morceau est un peu comme une déclaration d'amour. Si DJ Cam n'était pas DJ Cam, on pourrait s'étonner que dans le monde des musiques électroniques, un tel morceau (porté par des sentiments amoureux) puisse avoir sa place. Suite à la sortie de cet album, DJ Cam part en tournée qui passe notamment par le fameux Roskilde Festival au Danemark fin juin.

Son exploration des sources le rapproche des grands maîtres du jazz : il retravaille "In a silent way" de Miles Davis pour un disque-hommage assemblé par Bill Laswell, "Panthalassa" (2001).

Rien que Cam

C'est en délaissant le qualificatif DJ que Cam revient sur le devant de la scène en 2002 avec un nouvel opus "Soulshine". Il opte pour des titres joués en acoustique, n'utilisant que très rarement les samples. Son travail porte principalement sur la production, la composition et les arrangements. Largement inspiré par la soul, Cam fait appel à quelques pointures de la musique noire comme Guru ou Cameo pour donner un peu plus de profondeur à ses morceaux. Sur le premier simple intitulé "Summer in Paris", il confie la partie vocale à la chanteuse indonésienne Anggun.

Cette logique d'une musique ouverte qui se réinvente à la fois dans le jazz et l'électro prend corps avec "A fillet of soul" (2003), un projet qu'il produit avec deux musiciens de la scène jazz française, Alexandre Tassel et Guillaume Naturel. Le CD réunit en 11 titres des pointures sans frontières comme Laurent de Wilde, Flavio Boltro, Maxime Blesin, Franck Avitabile, Minino Garay.

Parallèlement à ses propres productions, DJ Cam a toujours remixé les stars du hip hop et de la soul – parmi lesquelles Nas "Made You Look", Cypress Hill "Highlife", Macy Gray "Do Something", Malia "Let It Happens", Michael Jackson "Rock My World" -. Il rassemble ce travail effectué entre 1998 et 2003 sur un vinyle (exclusivement) qui sort en janvier 2004.

Le maître de "l'abstract jazz"

Le nouvel album, "Liquid Hip Hop", qui sort en février 2004, montre la continuité et la consistance de son travail sur la matière hip hop/jazz. Le rappeur Jay Dee remixe "Love Junkee", qui figurait déjà sur "Soulshine". Hormis ce titre, le disque laisse la part belle aux instrumentaux qui ont fait de DJ Cam le représentant de 'l'abstract hip hop'. Comme pour boucler la boucle, DJ Cam mixe à la soirée organisée à Paris par le label Blue Note à l'Elysée Montmartre le 7 avril, en compagnie de La Funk Mob, Jazzanova, Bugs in the Attic. En même temps, l’album "Blue Note Revisited" propose un remix par DJ Cam du morceau de Donald Byrd ‘The Emperor’, avec Eric Truffaz à la trompette.

Avril 2004 

Discographie
BEST OF
Compilation - 2017 - Inflamable records
MIAMI VICE, MUSIC FROM THE MOTION PICTURE
MIAMI VICE, MUSIC FROM THE MOTION PICTURE
Album - 2014 - Inflamable records
LIQUID HIP HOP
LIQUID HIP HOP
Album - 2003 - Nocturne
SOULSHINE
SOULSHINE
Album - 2001 - Columbia
THE LOA PROJECT
THE LOA PROJECT
Album - 1999 -
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