Dominique Dalcan

Dominique Dalcan
© Franck Cou
Passeport artiste
1966
Beyrouth (Liban)
Pays:  France
Langue:  Français
Qualité:  Auteur / Chanteur / Compositeur
Genre musical:  Chanson francophone / Electro

Visage singulier de la chanson française des années 90, puis musicien/performer des années 2010, Dalcan sort du lot et tient une palace à part dans le paysage musical français.

Biographie: 

Dominique Dalcan est né en 1966 à Beyrouth au Liban où ses parents sont en déplacement professionnel, puisque son père est directeur de la photo et travaille pour la télévision. Ses origines vont de l'Allemagne à la Guadeloupe. Durant son adolescence en banlieue parisienne, il pianote un peu sur l'instrument familial, mais n'a aucune formation musicale. Après sa scolarité, et sur les traces paternelles, il s'oriente vers un métier de l'image. Il décroche en outre une licence de Lettres modernes. Mais finalement, il laisse tomber des études de cinéma pour la musique.

Baigné dans le rock anglais des années 60 et 70, il puise aussi ses innombrables sources d'inspiration dans la musique électronique de Brian Eno ou de Philip Glass ainsi que dans le répertoire d'un Bashung ou d'un Gainsbourg. Parallèlement à une éphémère carrière d'attaché de presse dans la presse rock anglaise, il écrit et compose. Le résultat loge tout entier sur une cassette qu'il envoie un peu partout, mais seul un label belge très créatif, Crammed Discs, lui donne une réponse positive.

1991 : "Entre l'étoile et le carré"

C'est ainsi qu'en 1991 paraît un tout premier CD, "Entre l'étoile et le carré". L'accueil est excellent. Son inspiration variée, la finesse de son écriture, ses mélodies et sa voix sont vivement fêtées dans la presse. 

En revanche, Dalcan souffre encore d'un trac trop violent pour s'épanouir sur scène. En décembre 1991, il se produit au festival des Transmusicales de Rennes avec un groupe de rock qui ne survivra pas à plus de deux concerts. Puis, on le voit en première partie de Kent. Enfin au printemps 1992, il se lance dans sa première tournée solo.

Mais il choisit d'effectuer une série de concerts acoustiques dans lesquels il se sent plus à l'aise. Du 25 février à Saint-Étienne au 14 mars, il sillonne la France avec une formation de quatre instruments (guitare, violoncelle, contrebasse et percussions). Plutôt artisan solitaire et fan des sons électroniques, Dominique Dalcan trouve un plaisir certain dans cette expérience acoustique et collective. Le public aussi.

En 1992, il participe à l'expérience "Sahara Blue" avec le musicien belge Hector Zazou, le temps d'un duo avec le Japonais Ryuichi Sakamoto.

C'est avec son deuxième album que Dalcan fait une réelle entrée sur la scène musicale. Lorsque "Cannibale" sort en mars 94, les compliments sont nombreux et certains parlent de chef-d'œuvre ! Le son est très "easy-listening", cordes façon années 60 et 70. L'album est réalisé par un pilier du genre, le Français Bertrand Burgalat.

Mais surtout, Dalcan a travaillé avec David Whitaker, musicien et chef d'orchestre anglais qui a tout simplement orchestré les sublimes partitions de cordes que l'on entend dans les petites perles gainsbouriennes des années 60. Il en ressort un style élégant bercé par une voix de mieux en mieux maîtrisée. Les simples "Le Danseur de java" ou "Brian" introduisent Dalcan auprès du grand public. Le 20 décembre, il est à l'Élysée Montmartre à Paris.

Snooze

Entre 96 et 97, Dalcan fait parler de lui pour trois expériences différentes. En 96, il sort un mini-album de cinq titres, "Le Cheval de Troie". Mais au printemps 97, on le découvre sous son pseudo Snooze lorsqu'il sort un album entièrement instrumental et électronique, "The Man in the Shadow". Cet album confirme un talent déjà remarqué par les familiers de la scène techno parisienne puisque Dalcan avait déjà sorti deux CD simple, "The Chase" et "Middle Class Lady".

Il s'adonne aussi à la musique de film pour "Ma vie en rose" d'Alain Berliner. A cette occasion, il écrit un superbe titre, "Rose", interprété par la chanteuse Zazie. Ce film remporte aux États-Unis, le Golden Globe du Meilleur film étranger et est nommé aux Oscars dans la même catégorie. Dalcan est également nommé aux Victoires de la musique dans la catégorie des compositeurs de musiques de film.

Il ne perd pas pour autant le fil de son travail de chanteur et en juin 98, paraît son troisième album "Ostinato". Cette fois, c'est vers le Brésil qu'il s'oriente. La bossa-nova rythme la plupart des 14 titres, le tout habillé par un Dalcan, version Snooze. Très sensuel, comme sa pochette, cet album est tourné vers l'Amérique du Nord et du Sud. D'ailleurs, parmi ses musiciens, on trouve Clare Fisher, éminent pianiste et arrangeur de Prince, mais aussi Nancy Danino, la voix féminine de Snooze. Le simple "L'air de rien" est un succès radio. Début octobre 1999, il tourne le clip de "Individualistic", réalisé par François Néméta, assistant-réalisateur de Michel (Beck, Björk, ...).

Dalcan côté Snooze réapparaît en 2001 avec un second album sous cette identité, "Goingmobile". Toujours autour d'un trip hop aux sonorités brésiliennes, ce disque mêle groove, émotion et superbes mélodies. L'artiste a convié plusieurs voix, toutes féminines, la plupart américaines : Nancy Danino citée plus haut, Nicole Graham et Deborah Brown.

Snooze et son groupe se produisent sur scène pour de nombreux festivals d'été (Paléo festival en Suisse, Dour en Belgique…). S'ensuit une tournée, en France (avec une date au Bataclan), en Espagne, au Portugal et au Canada. Fort de ce succès scénique, Snooze se penche sur l'écriture d'un troisième album, qui sort en 2005 et s'intitule "Americana". Dominique Dalcan chante cette fois-ci sur tous les titres, en anglais et sur un mélange de folk, de country, de jazz et de sons de synthèse d'une grande élégance. Le chanteur publie ce disque sur le label qu'il vient de créer, Ostinato et démarre ainsi une activité de producteur indépendant.

2006 : "Music Hall"

C'est sous la même étiquette que Dominique Dalcan sort en 2006 "Music Hall", un best of de ses chansons à lui, plus quelques inédits. Il redonne un concert sous son nom le 12 janvier 2006 à l'Européen, à Paris, pour le plus grand plaisir de ses fans, qui y voient la promesse d'un futur album. Mais, trois mois plus tard, Dominique Dalcan fait un infarctus du myocarde. Après dix jours à l'hôpital, il s'en sort avec une prothèse dans l'artère coronaire principale. Pendant deux ans, il ralentit son activité et met la pédale douce à ses projets.

Il refait parler de lui en 2008, en prenant sous son aile la jeune slameuse Luciole, dont il réalise et co-écrit le premier album "Ombres", récompensé par l'Académie Charles-Cros. Les mots et les rythmes de Dominique Dalcan touchent toujours, son public l'attend de pied ferme. Le simple "Paratonnerre", sur les ondes à partir de décembre 2010, est un joli début…

Mais ses graves ennuis de santé refont surface – le chanteur subit un pontage en 2011 – et le tiennent éloigné encore un long moment de la musique. 

2014 : "Hirundo"

C'est finalement à l'automne 2013 qu'on le retrouve sur scène. A l'invitation de Benjamin Biolay et de Vanessa Paradis, il assure alors les premières parties lors des concerts de la chanteuse, sur la tournée "Love Songs". Un retour discret qui permet à Dalcan de se remettre en jambe pour la sortie de son nouvel album, "Hirundo", qui arrive dans les bacs en janvier 2014. Ce recueil de onze chansons autobiographiques transcendées par des arrangements soignés signe la résurrection du chanteur, et son retour dans le paysage de la pop française.

Il se produit alors sur quelques scènes françaises, dont celle du Printemps de Bourges en avril.

2017 : "Temperance"

Dans la lignée de son travail sous le nom de Snooze, Dominique Dalcan réédite ses expérimentations électro pop et dès l’année 2015, reprend la route des studios. Cette fois, c’est sous l’appellation "Temperance" que Dominique Dalcan développe un langage musical électro, aérien, lent, voire contemplatif. Le tout chanté en anglais. L‘album, intitulé sobrement "Temperance" sort début 2017.

Avec cet album, Dominique Dalcan remporte la Victoire de la musique dans la catégorie "Musiques électroniques" en février 2018, une première récompense de cet ordre pour l’artiste.  

Quand Dominique Dalcan défend son projet "Temperance" sur scène, il s’agit plutôt de performance sonore et visuelle, puisqu’outre ses compositions, il y ajoute un travail visuel personnel. Car ses explorations artistiques le poussent aussi vers la réalisation de vidéos/courts-métrages, tels "From Here to Eternity" (2014), "Point de croix", Life in motion" (2016) puis "Les deux M " (2017), "Done Enough For Your Man " (2018).

Fin octobre 2018, il sort une suite au projet, intitulée "Temperance #2", travail d’orfèvre où l’on retrouve des nappes électro, où se succèdent envolées, ruptures et palette large d’expérimentations sonores. Pour autant, l’album reste très ancré dans son époque puisque sont aussi présentes des sonorités r’n’b, voire soul et pop. Les clips des titres "Come on Yeah" et "Done Enough For Your Man" sont réalisés par l’artiste lui-même poursuivant ainsi son travail transversal entre images et sons.

Juillet 2019

Discographie
TEMPERANCE #2
Album - 2018 - Ostinato
TEMPERANCE
Album - 2017 - Pias
HIRUNDO
HIRUNDO
Album - 2013 - Pias
MUSIC HALL
Compilation - 2005 - Discograph
OSTINATO
Album - 1998 - Island records
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