Gotan Project

Gotan Project
© Barclay
Passeport artiste
Date de création:  1999
Pays:  France
Langue:  Espagnol
Qualité:  Auteur / Chanteur / Compositeur / DJ
Genre musical:  Electro / Musique latine

C’était une vague internationale de reconnaissance que Gotan Project a connue depuis les premiers échos de sa fusion tango/électro. Symboles du métissage sonore de la planète, showmen élégants, les trois hommes de Gotan Project ont su inventer un son particulier et developper des projets trés creatifs.

Biographie: 

Initiateur du groupe, le DJ Philippe Cohen Solal (né en 1962) est issu du cinéma. Dans les années 1990, il est conseiller musical (Tavernier, Mikhalkov, Von Trier) et compositeur. On trouve déjà son nom en 1991 sur l’une des premières compilations de la French Touch, "P.U.R". En 1999, il travaille avec Pierre Henry dont, sous le nom de Ken Abyss, il remixe le fameux "Psyché Rock". De son côté, le Suisse Christoph H. Müller (né en 1968) manipule les machines depuis son adolescence. Avant de s’installer à Paris, il fait partie de groupes fameux de la scène électro suisse dont Ten Mother Tongues.

1995 : Ya Basta !

En 1995, les deux musiciens se rencontrent à Paris et unissent leur passion des musiques électro et latino-américaines. Ils créent le label Ya Basta! d’après un livre du révolutionnaire mexicain, le sous-commandant Marcos. De 1996 à 2000, ils montent les expériences de Boys from Brazil, PCS Mind Food, Fruit of the Loop ou Stereo Action Unlimited qui préfigurent Gotan Project en fusionnant électro et sons du Brésil.

En 1999, la rencontre avec l’Argentin Eduardo Makaroff (né en 1955) marque le début du travail sur le tango. À Paris depuis 1990, le guitariste et chanteur a comme Cohen Solal, un passé de compositeur dans le domaine du cinéma et de la télévision en Argentine. À Paris, Makaroff devient chef d’orchestre du Club Tango de la Coupole.

1999 : Gotan Project

En 1999 naît Gotan Project, nom formé à partir du verlan de tango. Le trio trouve dans le tango (mais aussi la milonga ou la chacarera, autres genres musicaux argentins) une musique porteuse selon eux, des mêmes éléments que la musique électronique : des bases percussives qui rappellent les racines africaines de la musique. Ils recherchent aussi une émotion dont l’électro est parfois dénuée. À propos de leur musique, on lira le mot "electrauthentica".

Le noyau historique s’entoure rapidement de musiciens triés sur le volet pour enrichir son travail : les Argentins Gustavo Beytelmann (piano), Nini Flores (bandonéon), Edi Tomassi (percussions), la Danoise Line Kruse (violon) et la Catalane Cristina Vilallonga au chant. Gotan Project sort un premier maxi CD, "El capitalismo Foraneo/Vuelvo al sur" en janvier 2000 sous le label Ya Basta!, distribué dans le monde par la maison de disques française Discograph. Il est tiré à 1.000 exemplaires seulement. En juin 2000, sort le second, "Triptico/Last Tango in Paris". Très vite, le groupe fait parler de lui et reçoit les louanges des meilleurs DJs dont l’Anglo-Suisse Gilles Peterson, et des médias spécialisés.

2001 : "La Revancha del Tango"

En avril 2001, sort avec succès un troisième maxi, "Santa Maria (del Buen Ayre)/Chunga’s revenge". Mais c’est leur premier album qui est très attendu. Il paraît en octobre 2001, distribué en France par Barclay/Universal, sous le nom de "La Revancha del Tango". Les réactions ne se font pas attendre. La presse européenne encense le disque, remarquable par l’élégance et l’érudition musicale de ses créateurs.

Gotan Project cherche aussi sa singularité dans son image. Les trois musiciens apparaissent toujours habillés d’un sombre costume et d’un chapeau à la façon argentine. Sur scène, ils jouent la carte visuelle via des vidéos, des images d’Argentine, parfois politiques, et une mise en scène qui les dévoile petit à petit. Une mise en scène souvent jugée cinématographique.

Gotan Project ne cesse de tourner dans les clubs d’Europe et dans les festivals. Ils sortent très vite du cadre confidentiel. C’est en Italie et au Portugal qu’ils suscitent les premières réactions les plus fortes. Dans ce dernier pays, ils décrochent d’ailleurs leur premier Disque d’or. Au cours de l’hiver 2001-2002, ils font un tour d’Europe. En France, ils font sensation lors de leur passage aux Transmusicales de Rennes en décembre 2001 et au Bataclan de Paris le 8 février 2002.

Enfin, en 2003, Gotan Project attaque une vaste tournée internationale qui traverse le Canada, les États-Unis, le Japon, l’Australie, le Brésil. Malheureusement, leur rêve de jouer en Argentine ne voit pas le jour. Cette même année, en février, ils reçoivent le prix "Best Newcomer" aux BBC World Music Awards. Dès 2002, la presse anglaise désigne "La Revencha del tango" comme un des meilleurs albums de l’année. Dans la foulée, le label anglais XL (White Stripes, Prodigy) signe le trio.

En septembre 2004, alors que le premier album atteint les 850 000 ventes, sort dans toute l’Europe "Inspiracion-Espiracion", un projet électronique mené par Philippe Cohen Solal sous la forme d’une compilation. Mélange de tango, de hip hop et de techno, ce disque rassemble des inédits de Gotan Project mais aussi des chocs inattendus dont, par exemple la country alternative de Calexico ou le standard de Chet Baker, "Round around Midnight". En octobre, Cohen Solal présente trois sets en Allemagne.

Un second opus n'est pas facile à réaliser quand le premier a eu le succès que l'on sait, un million d'albums vendus. Les membres de Gotan ne changent pas radicalement d'orientation ; ils vont continuer à explorer la richesse du tango. Ils imaginent faire appel au grand percussionniste argentin Domingo Cura qui pourrait apporter une rythmique bien particulière et très appréciée des Gotan. Malheureusement, le musicien meurt brusquement en décembre 2004.

2006 : "Lunático"

Gotan Project continue ses recherches, souhaitant se démarquer du tango electronico du précédent album sans pour autant le mettre totalement de côté. Cela donne finalement un disque dans la même veine mais pourtant différent : "Lunático" sort en avril 2006. Ce titre qui est aussi une des chansons de l'album est en fait le nom du cheval que possédait Carlos Gardel. On entend d'ailleurs sa voix sur le morceau, façon de rendre hommage à cet artiste emblématique.  

Gotan Project convie sur cet album de fortes personnalités qui viennent donner une dimension tout à fait moderne au tango : le groupe Calexico sur "Amor porteño", Juan Carlos Caceres, admiré par Edouardo, qui avec "Notas" rend hommage aux racines noires du tango. Il y a aussi les rappeurs de Buenos Aires, Koxmoz, sur "Mi confesion", le noir argentin Jimi Santos sur "Domingo" (en hommage à Domingo Cura) ou encore la chanteuse Cristina Vilallonga. Le cinéma lui aussi s'invite sur "Lunático" avec la reprise du thème de "Paris Texas", le film de Wim Wenders. Le premier simple extrait de l'album s'intitule "Diferente", comme pour accentuer l'impression que Gotan Project veut donner avec ce nouvel album.

Le trio embraye sur une tournée mondiale au début de l’été 2006. Il se produit à l’Olympia, à Paris, à l’Opéra de Vienne et au Hollywood Bowl, à Los Angeles. Le tour du monde dure un an et demi et est couronné par la sortie d’un double album live en 2008 et d’une… nouvelle tournée en fin d’année !

2009 est l’année des projets solos. Eduardo Makaroff s’occupe de son label Mañana et élabore avec Christoph Müller la bande originale du documentaire "El Gaucho", l’histoire d’un dompteur de chevaux argentin. Christoph Müller réussit enfin à boucler un album qui lui tenait à cœur : "Nuevos Sonidos Afro Peruanos", du groupe Radiokijada, qui explore la musique noire de la côte péruvienne. Enfin, Philippe Cohen Solal va enregistrer aux États-Unis, dans le Tennessee, des titres de country et de bluegrass avec des musiciens de Nashville donnant ainsi naissance à "The Moonshine Sessions".

2010 : "Tango 3.0"

Chacun revient de ses escapades musicales gonflé d’inspiration et Gotan Project se remet au travail : en un mois, les trois musiciens composent vingt morceaux. Leurs préceptes créatifs restent les mêmes : amener le tango ailleurs et l’habiller d’influences diverses en le pimentant par exemple de guitares ou de cuivres. Le fruit de leur travail paraît en avril 2010 sous le nom de "Tango 3.0". "Gloria" en est le premier extrait. On y entend une nouvelle fois chanter Cristina Vilallonga. Plus surprenant, la contribution sur ce titre, du célèbre commentateur de football argentin, Victor Hugo Morales.

Gotan Project lance la tournée de "Tango 3.0" fin avril 2010 en Russie, point de départ d’un ensemble de dates à travers le monde dont une à l'Olympia, à Paris, le 17 mai. Le show qui se veut aussi très visuel avec la projection de films courts se poursuit en Europe et en Amérique du Nord. 

En octobre 2011, dix ans après "La Revancha del tango", le son Gotan Project a fait des émules, notamment en Argentine. Pour célébrer ce dixième anniversaire, le trio confie à plusieurs DJs argentins le soin de remixer leur premier album. Cela donne "La Revancha en cumbia", aux reprises hautement énergisantes.

Cet hommage est suivi peu de temps après par la sortie de la première compilation de Gotan Project. Ce "Best of" rassemble 15 titres, ainsi que plusieurs clips sur DVD.

Au cours de l’année 2013, Eduardo Makaroff et Christoph H. Müller travaillent sur un projet parallèle, souhaitant cette fois orienter le tango vers la musique pop-rock. Dans la lignée du "tango canción" argentin, Eduardo Makaroff écrit des textes en espagnol, tous destinés à être chantés par des femmes. Ils ont l’idée de les faire interpréter par plusieurs chanteuses, mais leur rencontre avec Catherine Ringer les convainc de lui confier l’intégralité des chansons.

Ce nouveau trio baptisé Plaza Francia publie en avril 2014 l’album "A New tango song book", dans lequel la chanteuse des Rita Mitsouko s’approprie totalement l’âme tanguera. Une tournée française et européenne s’ensuit en 2014 et 2015.

De son côté, Philippe Cohen Solal travaille sur une nouvelle parution de Gotan Project. Fin 2014 sort l’album de remixes "Club Secreto", un cocktail exotique de titres rares ou inédits revus par une fine sélection de Djs internationaux. Un deuxième volume, "Club Secreto vol. II" paraît en 2017.

En 2018, le projet d’Eduardo Makaroff et Christoph H. Müller signe son retour, cette fois baptisé Plaza Francia Orchestra. Le duo s’accompagne en effet d’un orchestre de tango typiquement argentin. Si Catherine Ringer est présente sur deux titres seulement, d’autres voix viennent habiller de leur émotion la musique du duo, comme celle de la Capverdienne Lura. L’album qui paraît est suivi d’une tournée en 2018 et 2019.

Avril 2021

Discographie
CLUB SECRETO VOL. II
Album - 2017 - Ya basta !
CLUB SECRETO
Album - 2014 - Ya basta !
LA REVANCHA EN CUMBIA
Album - 2011 - Ya basta !
BEST OF
Compilation - 2011 - Barclay
TANGO 3.0
Album - 2010 - XL Recording
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