Cali, tempête de sentiments

Cali. © Yann Orhan

Depuis 2003 et C’est quand le bonheur, la voix de Cali, grave, éraillée, inimitable, hante les ondes et les mauvaises consciences. Pour le plus grand plaisir des uns et des autres. Ce spécialiste de la chanson en "tu" n’a pas son pareil pour dire l’injustice et les amours perdues. Ce dessein est aujourd’hui magnifié avec son septième album, Les Choses défendues.

Attention, c’est un cru exceptionnel que nous offre Cali avec Les Choses défendues. Quatorze titres dont chacun pourrait être un single… Quatorze titres folk-rock, à l’image de la musique des Waterboys dont le violoniste, Steve Wickham, participe à l’aventure. Cali, lui, pour qualifier ce disque, s’en tient à "pop"… La raison principale de ce retour aux tempos tendus tient au choix de l’excellente Édith Fambuena (Les Valentins, Daho, Bashung…) à la réalisation de l’album.

Quatorze larmes d’airain… Comment choisir parmi elles ? En se battant. À ce jeu, le premier morceau, l’étincelant A cet instant je pense à toi, moins solennel, mais tout aussi émouvant que 1000 cœurs debout, frappe d’entrée au plexus : batterie lancinante et engagement sans faille – jusque dans une déclaration d’amour.

Les Choses défendues, avec leur tempo tendu, sont un uppercut, un hymne éphémère à la jeunesse disparue : "Souviens-toi, nous étions immortels"… Juste derrière, le sensuel I Want You, hommage décalé à Dylan, ainsi que l’adolescent Sweetie viennent apaiser le combat : profitez-en, ces morceaux sont deux des rares titres heureux de Cali…

Mais arrive bien vite un double crochet droite-gauche avec Elle a mal, histoire de vie naturaliste à peine éclairée par le violon de Steve Wickham, et Annie Girardot, émouvant titre autobiographique où Cali évoque la mort de sa mère, quand il avait sept ans… Le chroniqueur est KO.

Frémissements d’airain, tempête de sentiments : il est de toute première instance que nous aimions Les Choses défendues !

Cali Les Choses défendues (Sony) 2016

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