Fête de la musique 2017, fête ce qu’il vous plaira

© DR

Pour sa 36e édition, la Fête de la musique se déploie dans la capitale française, mais aussi dans plusieurs grandes villes dans le monde. RFI Musique a sélectionné pour vous la crème des concerts et des endroits où profiter du bon son et se laisser bercer par la musique, à Paris intra-muros, mais aussi en banlieue et à l’étranger. 

Exceptionnellement cette année, le ministère de la Culture a décidé de ne retenir aucun thème en particulier pour la Fête de la Musique. Après les musiques urbaines à l’honneur en 2014, ou les concerts participatifs l’année suivante, Françoise Nyssen a préféré laisser "chacun libre d’interpréter à sa façon" cette édition 2017. 

Fraîchement nommée, la ministre, ancienne éditrice chez Actes Sud, loue la "dimension sensorielle" de la musique capable de générer "des mondes nouveaux chez les individus curieux". Et rappelle au passage que cette manifestation trentenaire est une "manière de se remémorer le pouvoir que confère la musique, vecteur d’émancipation sociale comme l’ont notamment démontré à travers les âges le jazz, le blues, la funk,… "

Le ministère de la Culture célèbrera lui-même la musique au Palais Royal avec plus de six heures de concert et de 21h10 à 23H, RFI retransmettra en direct le set du Nigerian Tony Allen, suivi du duo électro Alltta.

À cette occasion, la prestigieuse scène de l’Olympia située en plein Paris reçoit notamment la diva malienne Oumou Sangaré revenue le mois dernier après huit ans d’absence avec un nouvel album intitulé Mogoya ("les gens d’aujourd’hui") consacré comme son nom l’indique, aux relations humaines. Un titre qui fait référence à sa volonté d’apporter un message positif dans le cœur de ses concitoyens, comme elle l’expliquait à RFI Musique récemment. On y retrouvera aussi Gaël Faye, que l’on ne présente plus, musicien et chanteur, auteur du multiprimé (prix Goncourt, prix du premier roman…) Petit pays. Un titre qui était aussi celui d’une de ses chansons phares. 

Orient, Occident, hip-hop des années 1990…

Si vous passez Rive gauche, ne manquez pas de vous rendre à l’Institut du monde arabe (IMA) à partir de 19h30. Sur le parvis de cette institution présidée par le créateur de la Fête de la musique, Jack Lang, vous pourrez ainsi assister à une succession de concerts dont les influences brassent très large, des Tunisiens de Klima à l’orchestre Beyrouth Tarab et à ses sonorités libanaises traditionnelles.

À ne manquer sous aucun prétexte à cette occasion : le duo né de la rencontre entre le trio bordelais de rock industriel Cheveu et le guitariste sahraoui Doueh. "Aujourd'hui cette musique hassanie (la culture arabe-berbère de Mauritanie) est mélangée à des éléments modernes pour toucher un public plus large, pas seulement oriental ou maghrébin", commente ce dernier. Avec ses sonorités qui vont du blues à l’afro folk, de la musique nomade au jazz africain, le Mauritanien Sibiri Cheykna alias Heydi sera également sur place pour un concert gratuit. 

À deux pas, de l’autre côté de la Seine, retrouvez dès 18h30 au Bercy-Village les tonalités jazz et groggy de Ludwig Nestor. Le jeune bassiste français d’origine haïtienne sera immédiatement  suivi à 19h45 par Rakia, née au Niger, Normande d’adoption, dont les ballades à la guitare transpirent la bonne humeur.

Enfin, direction le Musée d’art et d’histoire du judaïsme, qui déroule cette année le tapis rouge à Gili Yalo, en lui permettant de se produire pour la première fois en France pour un concert en plein air au milieu de la cour du musée. Cet artiste à la double identité israélo-éthiopienne chante tout à la fois en amharique, la langue de son Éthiopie natale, mais aussi en anglais et en hébreu, dans des compositions qui mêlent funk et reggae.

Mais la soirée qui promet peut-être d’être la plus animée se tiendra du côté de la place de la République, à deux pas du Bataclan. À partir de 18h, la Hip Hop Block Party y met le feu et occupe joyeusement l’impasse Saint-Sébastien. Tous ceux qui le souhaitent sont invités à danser dans la rue pour une soirée 100% vinyles où sont conviées quelques vieilles légendes du hip hop des années 1990 telles que DJ Poska. 

De l’Afrique à l’Amérique

Pour les banlieusards, la soirée promet d’être également très riche. Après avoir vu successivement défiler Ben l’Oncle Soul et Kassav' lors des éditions précédentes, Noisy-le-Grand, à tout juste 20 minutes du centre-ville de Paris en transport, rend hommage à Salif Keïta. Le chanteur malien, portevoix des albinos dans son pays, lauréat des Victoires de la Musique, viendra enchanter la ville de son beat africain aux influences mandingue. 

Mais la Fête de la musique se décline aussi sur le continent africain, où les instituts français ouvrent grand leurs portes aux différents univers. C’est notamment le cas à Abidjan où, en amont des Jeux de la francophonie de juillet prochain, l’Institut français accueille un concert d’Oren’tchy, dont le style, baptisé "funk’n zo" se présente comme une fusion du funk et du zoblazo, typique du sud de la Côte d’Ivoire cher au "professeur Awolowoh", le célèbre Meiway. À Fès, une caravane sillonnera les rues de la deuxième plus grande ville du Maroc, laquelle rendra notamment hommage au musicien Mohamed Mezgueldi. 

De l’autre côté de l’Atlantique, à New York, le Français Jean-Christophe Le Saoût, plus connu sous le pseudonyme trip-hop de Wax Tailor, mais aussi Ayo ou la Britannique d’origine grenadienne Ala.ni et ses rythmes langoureux enchanteront Central Park. Enfin, à Delhi, l’Alliance française propose un concours Vocal Rasta : 12 chanteurs originaires de la capitale, 12 voix, aucun instrument. 

Amoureux de la musique, groupies, curieux, mélomanes dilettantes ou encore promeneurs à la recherche de sonorités nouvelles, il ne nous reste plus qu’à vous souhaiter une excellente Fête de la musique !

Site de la Fête de la Musique
Site du ministère de la Culture
Site de l'Institut du monde arabe