L’instant pop de Lou Doillon

Avec son 3e album "Soliloquy" Lou Doillon prend un tournant pop. © Craig Mcdean

Avec son troisième disque, Soliloquy, Lou Doillon habille un peu ses chansons et prend un tournant pop. Si elle est toujours très bien accompagnée, la protégée d’Étienne Daho nous touche surtout quand elle laisse ses compositions à nu ou presque.

Pour Lou Doillon, tout a commencé par un succès un peu inattendu. Jusqu’alors actrice et mannequin, la fille de Jane Birkin et du réalisateur Jacques Doillon s’est révélée en tant que chanteuse il y a six ans grâce au tube I.C.U., qui l’a directement mené sur le chemin des récompenses. Sur scène, la jeune femme apparaissait bien dans son élément, avec ses chansons toutes simples et sa voix joliment éraillée.

À l’heure du troisième disque, voilà que Miss Doillon opère un virage pop. Prenant le contre-pied de la fragilité la plus souvent affichée jusqu’ici, Soliloquy est un album aux arrangements sophistiqués qui flirte avec l’électronique. Pour cela, la protégée d’Étienne Daho s’est entourée de Benjamin Lebeau, la moitié de The Shoes, de Dan Lévy, la moitié de The Dø, et d’orfèvres de la production musicale. Mais si ses chansons ressortent plus enjouées, ce mariage ne convainc pas toujours.

Car avec ses histoires d’amour cabossées, Lou Doillon n’est jamais plus à l’aise que lorsqu’elle est à nu. À ce titre, It’s you, chantée en duo avec Cat Power est le bijou de ce disque. Sur cette folk song, la voix grave de l’Américaine plane au-dessus d’une guitare délicate et d’un harmonica timide. Cela rappellera qu’au précédent épisode, la chanteuse avait travaillé avec Taylor Kirk, l’âme du groupe canadien Timber Timbre, justement pour éviter de trop en faire.

Alors, bien sûr, ce Soliloquy laisse quelques envolées derrière lui (Last Time, Nothings) mais franchement, on préfère de loin quand Lou est plus folk.

Lou Doillon Soliloquy  (Barclay) 2019

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