Francos de Montréal 2019, pleins feux sur les créatrices québécoises

Ariane Moffatt aux Francos de Montréal 2019. © RFI/Marie-Hélène Mello

Lancées vendredi 14 juin par l’auteure-compositrice-interprète Ariane Moffatt, les 31e Francos de Montréal se poursuivent jusqu’au 22 juin. Retour sur un premier week-end mettant en vedette les femmes de la scène musicale du Québec.

Habituellement, l’événement qui souligne le meilleur de la musique francophone de l’année, tous pays et genres confondus, est aussi le moment de célébrer l’arrivée du "vrai" été montréalais – pendant lequel se succéderont sans relâche les festivals culturels. Pas de chance cette année : le coup d’envoi des Francos 2019 a été donné par des températures dignes d’avril, sous un ciel plutôt menaçant. Ce qui n’a toutefois pas empêché les festivaliers d’être très nombreux à arpenter le secteur piétonnier du centre-ville.

Au programme lors de ce premier week-end : 35 prestations gratuites sur 7 scènes extérieures, et 22 concerts dans les 8 salles participantes. Mais, surtout, une quantité impressionnante de performances de rock, de folk, de chanson, de pop, d’électro et de hip hop présentées par les meilleures musiciennes, chanteuses ou compositrices que la musique québécoise a à offrir (sans oublier de populaires artistes venus d’Europe, comme la Belge Angèle, en spectacle dimanche à guichets fermés).

En salles, ce sont surtout Cœur de pirate et Safia Nolin qui ont volé la vedette, grâce à leurs concerts carte blanche chargés d’invités spéciaux. En plus de ces jeunes stars, les Francos ont à juste titre braqué les projecteurs sur des légendes comme Petula Clark, Diane Tell et feu Pauline Julien. Cette dernière, une politicienne, chanteuse et militante féministe, a été honorée par une incroyable distribution de 11 artistes féminines lors du magistral spectacle-hommage La Renarde, sur les traces de Pauline Julien au Théâtre Maisonneuve samedi 15 juin.

Les scènes extérieures ont pour leur part été secouées par l’électro-pop assumée de Fanny Bloom (ex-La Patère rose), les chansons pop de l’ancienne "staracadémicienne" Andréanne A. Malette (en lice pour le prix Félix-Leclerc cette année) et le retour indie pop de Caracol, qui faisait autrefois partie du duo de percussionnistes-chanteuses Dobacaracol.

Mais c’est à la chanteuse, multi-instrumentiste de talent et activiste Ariane Moffatt que l’immense honneur d’ouvrir les 31e Francofolies a été confié.

Un concert d’ouverture "néo-soul-disco-pop-électro-funky"

Précédée par la formation pop française Alice et moi, Ariane Moffatt a offert un peu plus d’une heure et demie de musique sur la plus grande scène gratuite du festival. Avec ses 16 musiciens (dont une section de 5 cuivres et un quatuor à cordes), l’artiste révélée en 2002 avec l’album Aquanaute a démontré qu’elle savait – plus que jamais – faire danser les foules. Le titre ambitieux de son show donnait le ton : aux chansons très rythmées du disque Petites mains précieuses (2018) se sont ajoutées de nouvelles versions de morceaux plus anciens, réarrangés pour être plus festifs, à la sauce seventies.

Vers 21 heures, Ariane Moffatt a fait une entrée triomphale sur sa scène ornée de plusieurs drapeaux géants, qui réfléchissaient les multiples couleurs des projecteurs et écrans géants. L’artiste a enchaîné Du Souffle pour deux, Les Apparences, La Statue et Pour toi, en quittant parfois son clavier pour venir chanter tout près de la foule, qu’elle a remerciée maintes fois en plaisantant sur l’envolée de Debout. "C’est assez disco ?"

La créatrice québécoise s’est aussi fait plaisir avec un intermède inspiré des Douze travaux d’Astérix (L’île du plaisir) pendant lequel elle a troqué sa combinaison noir et blanc pour une robe aux rayures arc-en-ciel. C’est alors qu’elle a introduit son très populaire invité surprise : Vincent Roberge, un jeune artiste mieux connu sous le pseudonyme musical Les Louanges (qui jouera devant une salle comble aux Francos ce mercredi 19, au Club Soda).

Roberge et Moffatt ont été acclamés lorsqu’ils ont entamé ensemble le succès Point de mire (tiré d’Aquanaute), qui a visiblement beaucoup plu aux fans de la première heure. La complicité sur scène était palpable, tandis que les artistes dansaient et s’envoyaient des blagues au micro.

La maîtresse de cérémonie a poursuivi en livrant une dizaine d’autres extraits ses albums Ma, Tous les sens ou Le cœur dans la tête, y compris le célèbre hymne reggae Montréal, à la guitare acoustique pendant le rappel.

© RFI/Marie-Hélène Mello
Ariane Moffatt et Les Louanges aux Francos de Montréal 2019.

 

3 questions à Ariane Moffatt

D’où vient ce concept de "néo-soul-disco-pop-électro funky show" ?
C’est parti assez spontanément dans ligne "Objet" du premier mail que j’ai envoyé à l’équipe pour discuter du choix de chansons et de la direction du concert, que je voulais "maximaliste" ! Un clin d’œil à toutes les teintes qu’on peut retrouver sur le disque Petites mains précieuses, que j’ai voulu appuyer encore plus lors de ce spectacle aux Francos. 

Vous avez participé de nombreuses fois aux Francofolies de Montréal. En quoi votre prestation cette année est-elle différente ?
Pour son côté plus grand que nature et unique (on ne refera pas ce show… en tous cas, ce n’est pas prévu), par le nombre de musiciens impliqués et parce que c’est l’occasion de rendre plus denses (et danse !) les pièces de mon répertoire. 

Quel est votre meilleur souvenir des Francos ?
Il y a tellement de beaux souvenirs ! De mes shows, mais aussi de mes participations à ceux des amis. Mon petit tour de crowd surfing avec Pierre Lapointe et Yann Perreau (concert "25 ans, 25 chansons") était pas mal ! Mon dernier aussi, avec l’album 22h22 – juste après les événements horribles survenus au club Pulse, en Floride, contre la communauté LGBTQ – avait quelque chose de très fort. Et je reviens toujours à mon tout premier parce que ce sont quand même les Francofolies de Montréal qui m’ont "mise au monde" professionnellement, en 2002.

Site officiel d'Ariane Moffatt / Facebook / Twitter / Instgram