Charlotte Cardin, délicate et florissante

Charlotte Cardin © Edmond Sadaka/RFI

Charlotte Cardin, déjà immense star chez elle, au Québec, avec seulement deux mini-albums dans ses bagages, a réussi, ce dimanche 14 juillet, haut la main son passage aux Francofolies de La Rochelle. Et si le cœur des Français chavirait lui aussi pour la divine montréalaise de 24 ans seulement ?

Renverser 50 000 âmes, il y a quinze jours, au Festival international de Jazz à Montréal aurait pu lui faire tourner la tête. Mais Charlotte Cardin a plusieurs fois la même interrogation inquiète : "C'est vrai, vous avez aimé ?". Si elle ne s'était jamais produite devant une foule aussi mastodonte, elle n'en est pas à son premier coup d'éclat.

Au-delà de ses triomphes récurrents dans la Belle Province, la Montréalaise s'est promenée d'avril à juin dans une quinzaine de villes américaines et a visité plusieurs capitales européennes. Concernant sa tentative de conquête hexagonale, un premier constat lucide. "L'accueil en France est très chaleureux. J'y vais étape par étape, j'ai fait deux concerts aux Étoiles complets, j'ai rempli la Cigale. C'est un bon départ".

Devant nous, une jeune fille longiligne, visage angélique, belle nature souriante et cheveux lisses au vent. Mannequin à 15 ans, finaliste de La Voix (l'équivalent de The Voice au Québec) trois ans plus tard. Des expériences cadrées dont elle s'est servie pour mieux s'émanciper et se pencher vers cette assise artistique. "Je savais que je voulais prendre par la suite mes propres décisions. Le mannequinat, ce n'était ni créatif ni enrichissant intellectuellement. J'étais le pantin d'une industrie. Reste que cela m'a permis de consolider une solide bourse financière pour faire de la musique. Quant à La Voix, ça ne m'a pas dérangée, car j'étais dans la découverte artistique de moi-même et c'est une bonne école pour gérer la pression".

Charlotte Cardin a des influences explosives, pas forcément cousines entre elles. Elle dit aimer Nina Simone, Elliott Smith, Radiohead, Snoop Dogg. Et ne se prive pas, à l'instar de sa compatriote Sofia Nolin, de clamer sa passion pour Céline Dion. "J'ai grandi en l'imitant, c'est une référence. Quand je prenais des cours de chant, je choisissais toujours au moins une chanson de Céline au moment des concerts. Pour moi, c'était un défi à la fois vocal et d'interprétation. Encore aujourd'hui, il n'y a pas un mois sans que je me passe des extraits de son incroyable show sur les Plaines d'Abraham à Québec".

Charlotte Cardin se moque des modes et encore plus des genres. En témoigne ses deux EP - ainsi que quelques morceaux sortis au compte-gouttes - brassant pop, soul, jazz et trip-hop. Ballades élégantes (Drive et son charme languide) ou chansons plus "catchy" (California, Double Shifts, irrésistibles), à chaque fois une voix profondément sensuelle et attirante.

Jusqu'à présent, c'est l'anglais qui prédomine très majoritairement dans son répertoire. "Je suis allée à l'école francophone, mais j'ai toujours vraiment baigné dans un univers bilingue. Je me sens néanmoins plus proche et attachée à la langue française. Donc, c'est ce qui me rend la tâche plus difficile. Je me pose plus de questions dans ce cas-là". La dynamique sera la même dans un premier album qui tarde à arriver. "On va le compléter dans les semaines à venir". Pas de date encore annoncée. De toute façon, elle a déjà choisi son camp depuis longtemps : l'éternité.  

Charlotte Cardin Big Boy (Cult Nation Records) 2017
Charlotte Cardin Main Girl (Cult Nation Records) 2017
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