Jean-Louis Aubert, comme à la maison

Jean-Louis Aubert. © DR

Jean-Louis Aubert publie Refuge, un double album de vingt-deux chansons. Dans cette somme, on retrouve la patte de ce bonhomme attachant, qui a repris la route en solo après l’épisode des Insus – la reformation du groupe Téléphone, sans Corine.

Avec son allure d’éternel adolescent et son visage marqué de rides profondes, Jean-Louis Aubert nous évoquerait presque Mick Jagger. Mais à la différence du chanteur des Rolling Stones, qui remplit toujours les stades avec son groupe, le Français poursuit depuis près de 35 ans maintenant une riche carrière solo. Presque aussi fournie que celle de Téléphone, qu’il a reformé avec Louis Bertignac et Richard Kolinka sous le nom des Insus, cette carrière a surtout été marquée par le succès. Si bien qu’Aubert semble être ce vieil ami de la famille qui viendrait vous chanter ses chansons.

Cette impression est celle qu’on a eu en le voyant en concert au printemps dernier, lors de la tournée acoustique qui a précédé la parution son nouvel album. Elle se confirme à l’écoute de ce Refuge, où l’on retrouve le chanteur inchangé ou presque, avec ses textes qui parlent de sa part d’enfance (Ne m’enferme pas), d’amour (Bien sûr, Aussi loin, Où je vis), de rupture (Où me tourner, Tu vas l’aimer), et tout simplement de ce que c’est que la vie. "Ne cherche pas refuge ailleurs / Sois une île pour toi-même", dit le refrain de la chanson-titre.

Une écriture simple

Alors bien sûr, on pourra trouver ces mots naïfs mais la simplicité est partie intégrante de cette écriture. Et qu’importe si certaines ballades sont un peu trop chargées en bons sentiments car c’est toujours un moment agréable de retrouver cet homme attachant, qui semble s’acheminer assez sûrement vers une vie de papy rockeur. Un peu comme ces choses dont on connaît d’avance la saveur, ces vingt-deux morceaux donnent l’impression de vous serrer dans les bras et de vous réconforter.  

Du côté des arrangements, on aura bien noté la présence d’un peu d’électronique mais le tout reste très sobre. Les climats de clavier et quelques machines complètent les guitares et le piano, sans qu’il n’y ait de grande folie esthétique. L’impression de sérénité donnée par la pochette semble bien coller à ce double disque qui nous livre un Jean-Louis Aubert toujours un peu rêveur. Un chanteur qu’on aura plaisir à retrouver sur scène, puisqu’il est comme chez lui dans cet exercice.

"Tant que je pourrai continuer / Je crierai / Au grand vide de l’éternité / Encore...Encore... ", dit-il aussi. Cela sonne bel et bien comme une déclaration d’intention.

Jean-Louis Aubert Refuge (Parlophone) 2019
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