Étienne Daho aux Transmusicales de Rennes, 40 ans après

Étienne Daho sur la scène des 41èmes Rencontres Trans Musicales à Rennes le 4 décembre 2019. © Pierre René-Worms

Les Transmusicales de Rennes se déroulent du 4 au 8 décembre 2019. L’occasion comme toujours de faire de nombreuses découvertes musicales en provenance du monde entier mais aussi de célébrer ceux qui ont fait l’histoire de ce festival, comme le chanteur d’origine rennaise, Étienne Daho qui se produisait les 4 et 5 décembre au Théâtre National de Bretagne.

"Hypersexy !" voici comment certains spectateurs qualifiaient le fringant sexagénaire Étienne Daho à la sortie du concert qu’il donnait ce jeudi 5 décembre au Théâtre National de Bretagne à Rennes dans le cadre des Transmusicales. Habillé d’un complet noir que seul un liseré de paillettes venait rehausser, le Rennais d’origine retrouvait le public et la ville qui l’avait vu devenir un artiste à la fin des années 70.  

Précédé en première partie d’un jeune artiste du cru, Rouge Gorge, à qui l’on donnait sa chance devant un public déjà enthousiaste avant que les premières notes de sa pop synthé ne démarrent, Étienne Daho fêtait ici le quarantième anniversaire de son premier passage aux Trans. Une première scène dans un collectif au nom improbable, Entre les deux fils dénudés de la dynamo, suivi en 80 d’un second passage sous le nom d’Étienne Daho Junior –avec certains musiciens d’un groupe devenu le légendaire Marquis de Sade– furent ses premières expériences d’artiste.

Daho, 40 ans après sur la scène du Théâtre National de Bretagne, cela parait une éternité. Et pourtant… Dès l’ouverture, il rend hommage aux initiateurs de ces rencontres musicales Jean-Louis Brossard et Béatrice Macé, duo à la tête du festival ainsi qu’à Hervé Bordier, autre père fondateur, aujourd’hui en retrait. "Ils en ont fait un rendez-vous exigeant". Et si l’on peut considérer qu’Étienne Daho est le boss de la pop française, il se souvient sans doute parfaitement qu’il fut un jour lointain où lui-même constituait une découverte pour le public rennais.

Essence pop

Les retrouvailles avec ce public sont émouvantes et touchantes. Une salle rapidement debout, venue chanter, danser et applaudir les envolées pop de l’album Eden, puisqu’Étienne Daho a décidé de remonter une tournée autour de cet opus, qui n’avait pas, à l’époque, rencontré le succès escompté. Il revisite, réinterprète et réarrange les titres chantés dans l’ordre : de Au commencement jusqu’à Des adieux très heureux. Il convoque amicalement, mais néanmoins virtuellement, la chanteuse Astrud Gilberto sur Les bords de Seine ou The Swingle Singers sur Timide intimité (« portrait d’un timide congénital que je ne suis plus depuis hier soir »  dit-il !).

Si la voix n’a pas changé depuis 1996, date de sortie d’Eden, les arrangements ont été revus assez radicalement parfois, comme ces fulgurances dance, appuyées par des jeux de lumières qui façonnent le décor telle une parenthèse sur un dancefloor. Cela sied parfaitement au maître de la soirée que la salle ovationne tant et plus.

Fausse diversion avec la chanson De bien jolies flammes, un titre dédié à sa mère, jamais joué en live d’après l’auteur lui-même, mais qui fut enregistré à Londres au moment même de l’enregistrement d’Eden. Étienne Daho reconnait que l’exercice est "assez jouissif".

Le chanteur change de veste pour signifier qu’après 45 mn consacrées à Eden, il s’engage sur un autre chemin et donc un autre répertoire, celui du mini-album Résérection, réalisé avec le groupe britannique Saint Etienne, en 1995. L’interprète de Week-end à Rome, chanson qu’il reprend à cette occasion en anglais, semble se délecter de ces allers-retours entre passé et présent, devant un public qui a eu vite fait d’adhérer à ce projet.

Et si l’on pouvait supposer que cette réinterprétation d’Eden était motivée par une forme de nostalgie réconfortante, Etienne Daho ne s’est pas engagé sur ce chemin et a fait une fois de plus, la démonstration de son style unique.

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