Carla Bruni, l’amour, presque toujours

Carla Bruni publie son sixième album. © Barclay

C’est le sixième album de Carla Bruni et il porte simplement son nom. L’ex-première dame redevenue chanteuse à plein temps, retrouve la chanson en français. Où elle parle surtout de l’amour et où l’on prend plaisir à redécouvrir cette voix éraillée, inscrite depuis dix-huit ans dans le paysage de la chanson française. 

La photo, baignée de lumière, montre Carla Bruni devant chez elle. Elle est assise sur le perron, il y a des arbres, des fleurs autour, et puis une guitare acoustique. Une façon de rappeler dès la pochette de ce sixième album que cet instrument accompagne l’ancien mannequin depuis son entrée fracassante dans la chanson française, il y a près de dix-huit ans maintenant. Cette guitare est d’ailleurs le meilleur écrin pour cette voix éraillée et suave, pas exactement dans le registre des chanteuses à voix.

La première chose qui frappe l’oreille dans ce nouveau disque, ce sont des textes qui parlent surtout d’amour. L’auteure Carla Bruni s’y révèle le plus souvent juste. Avec des mots simples, Quelque chose décrit sans jamais le nommer l’amour naissant et ce qui s’ensuit. "Quelque chose de tendre s'est levé / Quelque chose qui nous hante, qui nous plaît / C'est quelque chose qui nous creuse, qui nous fend / Et qui nous va comme un gant." Si on peut rencontrer Un grand amour, il ne rime pas forcément avec toujours.

Des textes très majoritairement en français

À l’image de Voglio Lamore, délicieux duo en italien avec sa sœur, l’actrice Valeria Bruni Tedeschi, c’est comme si la légèreté allait mieux à la chanteuse. On regrettera en revanche le pathos des chansons mélancoliques ou l’anecdotique fable animalière Le petit guépard. Le plus souvent entourée par le pianiste Michel Amsellem (Eddy Mitchell, Patricia Kaas, Zaz, etc.) à la composition, elle a confié Le garçon triste à Julien Clerc. La réalisation d’Albin de la Simone n’évite pas que cette voix perde de son charme au milieu d’orchestrations plus imposantes. 

Dans le cahier de doléances, on mettra aussi ce qui relève plutôt de la chronique people : difficile d’avoir été un top model et d’être l’épouse de l’ancien président de la République, Nicolas Sarkozy, sans maîtriser parfaitement sa communication. Mais restons sur la musique… C’est lorsqu’elle reprend Porque te vas ? pour une édition augmentée de ce disque que l’interprète Carla Bruni se révèle la plus minimaliste. Dans une version dépouillée et presque grave, la chanson du film Cria Cuervos perd de sa grâce aérienne. Mais comment égaler le crève-cœur le plus enjoué de la chanson espagnole ? Au jeu de la reprise, miss Bruni-Sarkozy ne s’en tire pas mal.

Tout bien pesé, c’est ce que l’on peut dire aussi de ce disque : il y a l’image, toujours travaillée, et la musique, enregistrée avec des orfèvres de la chanson française. Cette musique nous laisse au creux de l’oreille un petit quelque chose qui est loin d’être désagréable.

Carla Bruni (Barclay) 2020
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