Vianney n’a plus le temps

Vianney, 2020. © Jerome Witz

C’est un disque mélancolique et joyeux, d’une simplicité désarmante. Vianney revient avec N’attendons pas. Un troisième album dans lequel le jeune homme à la guitare célèbre la vie, la nature et, bien sûr, l’amour.

Si l’on devait résumer N’attendons pas, on pourrait dire qu’il y est question de l’urgence de vivre et d’amour. L’amour de la nature, de la vie et des autres. Amoureusement ou non, filialement ou pas. Ainsi, dans la première chanson du disque, Merci pour ça, Vianney s’adresse-t-il à Karim, un sans-abri, dont la mort l’a éprouvé, et le remercie pour ce qu’il lui a appris de la vie "avant toi je ne voyais rien". Au-delà de l’hommage, ce titre, dont la musique à la guitare rappelle celle de Patrick Bruel, s’écoute comme une incitation à regarder la différence.

Dans N’attendons pas, écrite d’abord pour Johnny Hallyday, Vianney exhorte à savourer l’existence. Et vite "On n’a pas le temps de languir. N’attendons pas de vivre. N’attendons pas".  Pour de vrai est dans la même mouvance et la même épure instrumentale que Merci pour ça. Si ce n’est qu’un tambourin accompagne Vianney qui chante et siffle gaiement cette chanson d’amour joyeuse, pleine de désirs, sur ces rimes un peu enfantines "on peut voir le monde en tout petit, moi je t’aimerai toute la vie, pour de vrai, t’es tout ce que j’ai".

Car l’enfance est très présente dans ce disque. On la retrouve sur Beau papa, lettre ouverte sur une jolie mélodie acidulée et entraînante. Vianney s’y adresse à sa belle-fille, s’interroge avec humilité sur cette paternité impromptue "Non je ne volerai jamais la place du premier qui t’a dit je t’aime. Sur ton visage on voit son visage et c’est ainsi que tu es belle". L’influence de son catholicisme y est sensible, à travers l’évocation d’épreuves à traverser "Et si l’averse nous touche toi et moi, prends ma main" chante-t-il.

La nature s’invite dans J’ai essayé, une ballade sentimentale qui célèbre la beauté de l’échec. Vianney chante "Moi j’ai gagné parfois et perdu souvent, celui qui n’échoue pas n’est pas vivant". Elle surgit dans La fille du Sud, qui célèbre avec une pudeur touchante les femmes méditerranéennes et dans Pour de vrai, qui chante le désir de fuite.

Enfin, Vianney se sent "Tout nu dans la neige" dans la chanson éponyme, clausule de l’album dans laquelle il s’adresse à son grand-père défunt. Il touche -comme souvent dans ce disque- la corde sensible de l’émotion lorsqu’il confesse pleurer souvent. Heureusement, cette chanson s’achève sur la promesse de lendemains qui chanteront joyeusement. Sans attendre.

Vianney N'attendons pas (Tôt ou Tard) 2020
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