Mathieu des Longchamps de Paname au Panama

Mathieu des Longchamps publie son 1er album intitulé "Vivo en Panama". © Piergab

Mathieu des Longchamps sort Vivo en Panama (Je vis au Panama), un premier album, solaire sur lequel se côtoient folk caribéenne et rumba cubaine. Un disque en français et en espagnol, né des voyages et des influences musicales des pays de cœur du jeune auteur-compositeur français : l’Espagne et le Panama.

Mathieu des Longchamps ne marche pas, il file comme le vent. C’est l’impression qu’il nous fait en arrivant avec son skateboard dans les bureaux de sa maison de disque. Impression qui confirme ce que l’on ressent à l’écoute de Vivo en Panama : ce chanteur n’a pas son pareil pour s’évader. Il faut dire que les voyages font partie intégrante de sa vie.

Affaires de famille

Mathieu des Longchamps est né il y a 35 ans à Montréal d’une mère québécoise, chanteuse folk, et d’un père musicien qui joue d'un instrument rare, la harpe paraguayenne. Mais c’est au Panama, au milieu de la jungle, dans une cabane sur pilotis construite par son père qu’il passe son enfance. Il lui dédie Vivo en Panama (qui donne son titre à l’album).

De ses premières années et de ses vacances au Panama lorsque la famille se sera installée à Paris, il garde un souvenir ébloui. "On passait de l’ambiance parisienne à la cabane en bambou avec les copains pieds nus et les poules qui se faufilaient entre nos pieds". Un souvenir que l’on retrouve dans La Guaira, une rumba entraînante où il chante "en marchant à Paname, je rêve de Panama".

Mais sa vocation se révèle plus tard. Mathieu des Longchamps se souvient. "Au début, je faisais surtout de la musique comme Papa et Maman. La découverte de la guitare à 15 ans a été un choc". Il se met alors à apprendre toutes les guitares. "J’ai une très belle guitare folk sur laquelle ma mère jouait quand elle était jeune. Et une très belle guitare flamenco qui appartenait à mon père. Et puis la guitare électrique que j’aime beaucoup dans un mode un peu jazz".

Les Paradis perdus

Le jeune homme, qui ne fait pas les choses à moitié, décide à 17 ans de partir jouer de la guitare sur les routes d’Amérique latine. Il se passionne pour Joni Mitchell et Bob Dylan. Il éclate de rire lorsqu’on lui demande si c’était pour marcher dans les pas des chanteurs folk. "J’ai un côté à l’ancienne : papier, crayon, guitare", reconnaît-il.

Ses influences sont variées, la folk, Georges Brassens, le jazz et les musiques sud-américaines, très présentes sur l’album, enregistré en partie au Panama. "J’espère que la musique est imprégnée de cette atmosphère et de la joie de ce retour. Il y a des musiciens qu’on trouve rarement en Europe, un joueur de harpe paraguayen, un joueur de mejorana, la guitare typique panaméenne, etc. Et surtout des percussions de Congo, la musique traditionnelle de Colon au Panama. La culture africaine y est très forte. C’est une musique sublime, très émouvante dansée par les villageois et chantée par les villageoises".

Idéaliste pour ne pas dire absolutiste, nostalgique des paradis de l’enfance, Mathieu des Longchamps parcourt le monde à la recherche d’autres terres magiques, les plus sauvages possible. Ainsi rien de surprenant à ce qu’en creux, Vivo en Panama parle de la nature.

Ses chansons poétiques sont donc autobiographiques. "Cet album, c’est un peu le résumé de ma vie", nous confie-t-il. "Il y a des moments heureux et sombres. Des chansons anciennes comme La Guaira et d’autres écrites il y a quelques mois comme Perdona me. C’est un voyage entre le soleil et quelques profondeurs".

L’amour y occupe aussi une grande place. Dans Rumba Clara écrite au bord de l’eau, à Cadaqués en Espagne- autre refuge, il chante à l’être aimée "lumineuse hypnotique, tu décolores le paysage toi la sirène de mon triptyque". De sirène, la femme se fait dauphin dans Mon étrangère où Mathieu des Lonchamps déplore ne pas parler le même langage que cette femme poisson qui vit "comme les saisons /sans se poser de questions", tandis que lui reste dans sa pirogue "à scruter l’horizon".

Mademoiselle Tomovic évoque un coup de foudre, pour une femme plus âgée, rencontrée "au carrefour du ciel" à l’aéroport d’Atlanta. Même si l’amour semble condamné par la différence d’âge et les milliers de kilomètres, Mathieu des Longchamps chante chevaleresque : "j’ai la foi d’un jeune cœur épris qui croit que vos murailles ne sont pas trop hautes pour lui".

Les Anges raconte quant à elle l’espoir de retrouvailles amoureuses près d’un feu avec une femme dont la beauté est "la preuve que dieu existe". Mais surtout, dans l’ombre ou la lumière, puisque "la vie passe comme un baiser volé" (Comme un éclair). Vivo en Panama s’écoute comme une célébration exaltée de la vie, une incitation à l’aventure, musicale, amoureuse et géographique.

Mathieu des Longchamps Vivo en Panama (Polydor) 2021

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