Louise Attaque célèbre le 25e anniversaire de son premier album culte

Les membres du groupe Louise Attaque, Arnaud Samuel, Gaetan Roussel et Robin Feix, à Belfort, en 2016. © SEBASTIEN BOZON / AFP

Ce mardi 26 avril, Louise Attaque fête le 25e anniversaire de son premier album durant toute une journée à l’Elysée-Montmartre, à Paris. Le groupe joue à six reprises ce disque "générationnel" dans son intégralité. À cette occasion, retour sur l'un des derniers grands phénomènes du rock français. Un succès colossal acquis par le bouche-à-oreille et la scène.

 

Il faut remettre le premier album de Louise Attaque dans sa platine pour se rappeler de l’impact qu’il a eu à la toute fin des années 1990. Les paroles qui viennent toutes seules, les mélodies évidentes à l’oreille et surtout, des moments qui reviennent en mémoire comme sortant d’une boîte à souvenirs. Il y a pêle-mêle le mariage d’un cousin, l’écoute de ce CD en cours de solfège, des vacances à la mer et toutes les radios branchées sur ses tubes : J’temmène au vent, Ton invitation ou Léa

Mais on a oublié que ce succès, que le groupe raconte actuellement dans une série de vidéos promotionnelles diffusée sur sa chaîne YouTube, n’était pas écrit d’avance. Le journal Libération consacre son premier article à Louise Attaque en août 1997 sous le titre "Parfum de femmes". Il s’agit d’une présentation du groupe, qui a vendu 20 000 disques en deux mois "sur la simple foi du bouche-à-oreille et d’une réputation scénique flatteuse". "Si on a choisi ce nom, c'est pour assumer un peu de la féminité que la plupart des groupes de rock refusent", explique timidement son chanteur à Libé.

Folk-rock énergique

Formé autour du chanteur/guitariste, Gaëtan Roussel, du bassiste Robin Feix, camarades au lycée de Montargis, et du batteur Alexandre Margraff, rencontré à Paris, Louise Attaque prend la suite de Caravage. Cette formation électrique revendique "des chansons en anglais qui ne donnaient rien du tout, une reprise des Stones pour la scène et quelques maîtres en écriture, Nick Cave, Théo Hakola, Tom Waits, Noir Désir, le Velvet". (Cf article Libération déjà cité) C’est quand son guitariste quitte l’aventure et qu’il recrute par petite annonce le violoniste Arnaud Samuel que le groupe d’étudiants adopte la formule acoustique qui a fait son succès.

Très inspiré par les Américains de Violent Femmes, Louise Attaque propose un folk-rock énergique. Sa signature ? Une guitare et une basse acoustiques, une batterie souvent jouée avec des ballets, et surtout ce violon. Le groupe fait la tournée des bars aux quatre coins de France.

Quand il propose ses services, c’est avec une lettre écrite par une certaine Louise, qui veut faire jouer ses copains. Longue fille aux grands yeux, elle est née dans la tête du bassiste Robin Feix ; c’est son portrait qui orne la pochette de ce premier disque. L’impact visuel de Louise répond à des chansons de 2 ou 3 minutes qui parlent des Nuits parisiennes et d’amourettes d’un soir. 

Repérés par le tout jeune label indépendant Atmosphériques, fondé par Marc Thonon, Louise Attaque enregistre son disque aux studios ICP de Bruxelles, qui a déjà accueilli la crème du rock français. À propos de ce premier album, le groupe assure au magazine Rock & Folk : "Il a été produit comme nous le souhaitions par le chanteur des Violent Femmes, Gordon Gano, et quand nous enregistrions plusieurs prises en direct, il nous incitait souvent à retenir la première malgré ses défauts. On le revendique à cent pour cent, car c’est un bon reflet de ce que nous sommes. Il aurait pu être moins compact, mais on voulait poser les bases du groupe sans s’éparpiller." (Février 1998)

La scène comme terrain de jeu

Les Parisiens ont été l’un des phénomènes de l’automne 1997 et de l’hiver 1997/1998. Avec 100 000 exemplaires écoulés de son disque, Louise Attaque fait l’objet dans le magazine d’une interview croisée avec Dolly, un groupe avec lequel ils ne partagent pas grand-chose.

Ils ne remplissent pas encore les Zénith et ne jouent pas encore les têtes d’affiches des festivals, mais cela ne saurait tarder. "Louise Attaque par surprise", titre Libération, qui suit en avril 1998 le groupe à Rennes pour ses trois concerts complets à la salle de la Cité, tandis que son disque s’est déjà vendu à 400 000 exemplaires. À l’écart des grands médias, Louise Attaque n’a pas mis de single en avant et les radios s’y sont pliées, jusqu’à Fun Radio.

Sur scène, c’est un groupe de rock bien dans le ton de l'époque. "Moins incandescent que Noir Désir", il n’en adopte pas moins une posture similaire. Devant un public conquis d’avance, ses concerts sont énergiques et sans fioritures. Alors, qu’en sera-t-il de ce 25e anniversaire ?

Tandis que Louise Attaque réédite ce premier album, dans trois éditions vinyle et en CD ? Il jouera ce premier essai dans son intégralité ce mardi 26 avril, pour six concerts à L’Elysée-Montmartre. Les spectacles se déroulent du matin au soir, à 11 heures, 13 heures, 15 heures, 17 heures, 19 heures et 21 heures. Les invitations, gratuites, ont été lancées sur Internet et elles se sont écoulées en quelques minutes ; une prestation sera retransmise en streaming.

Désormais centré autour du trio Gaëtan Roussel, Robin Feix, Arnaud Samuel, le groupe devrait faire son "test cardio de l’année", plaisante Mister Roussel sur ses réseaux sociaux. Si le groupe a délaissé durant près d’une décennie ce premier album vendu à plus de 2,7 millions, Louise Attaque s’est réconcilié avec ces chansons à la faveur de sa dernière reformation en 2016. Au final, ce disque générationnel a été pour lui un bon passeport et, notamment pour son chanteur, la porte ouverte à une riche carrière en solo ou plus accompagnée.

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Louise Attaque Louise Attaque (Universal Music Division Barclay) 1997 
Réédition de l’album Louise Attaque, remixé et remasterisé en 2022. En vinyle : 2 LP collector et picture vinyle 180 g. En CD : 1 CD + 1 DVD.