Douk Saga tire sa révérence

Douk Saga © DR

Doukouré Stéphane Hamidou dit Douk Saga, le flamboyant ambianceur de la scène coupé décalé s’est éteint le 12 Octobre à 32 ans, à Ouagadougou au Burkina Faso où il était hospitalisé depuis plusieurs mois.

En 2002 pendant que les mitraillettes crépitaient en Côte-d’Ivoire, une bande d’Ivoiriens tout de griffes vêtus se la pétait au champagne dans les clubs afro-parisiens et lançait la mode du coupé décalé. Une musique facile, futile qui s’imposait très rapidement partout en Afrique.

Avec la première cassette du genre, baptisée Sagacité, Douk Saga fait un tabac pendant l'été 2003 à Abidjan. Sa musique, construite avec des samples du n’dombolo congolais, de rythmes habillés d’un discours laudateur, chante le paraître, l’amusement, la belle vie. Les Ivoiriens adoptent le nouveau genre comme un exutoire pour aérer les esprits fatigués de la guerre qui plombe leur pays depuis 2002.

Douk Saga, qu’on appelait "Président" dans son milieu,  se présentait comme la locomotive de sa bande de golden boys auto-proclamée Jet-Set. Avec Lino Versace, Le Molaré, Solo Beton, Shacoole, Kuyo Junior, Serge Dephalet et Borosangui, sapés d’habits griffés et parés de quincailleries, les poches bourrées de liasses d’euros à distribuer, ils écumaient les boîtes afro de Paris. Leurs sorties étaient de véritables mises en scène pour afficher un pouvoir d’achat impressionnant, une image de réussite sociale et, comme on dit au pays, faire le malin.

Le dandysme de Douk Saga a suscité la suspicion et l’admiration. Il a vécu chaque jour comme s’il n’y aurait pas de lendemain.