"Music for containment", l’électro comme un refuge

"Music for containment". © DR

La compilation Music for containment, imaginée à l’initiative du musicien Molécule, propose une bande-son planante à nos journées confinées. Elle réunit trente-trois artistes venus de la scène électro et d’une certaine chanson française. Vendue uniquement sur des plates-formes de téléchargement et écoutable en streaming à des fins caritatives, ses bénéfices seront reversés à la Fondation de France. 

Plus de trois heures vingt de musique, trente-trois morceaux et autant d’artistes réunis pour la bonne cause. La compilation Music for containment, qui est née au cœur de ce confinement, propose une bande-son planante à nos journées en intérieur, de quoi faire une pause après le (télé-)travail ou s’évader un peu, si l’on est contraint au repos forcé.

L’idée de cette réunion d’artistes a germé dans la tête du musicien Romain De La Haye, plus connu sous le nom de scène Molécule. C’est après avoir composé un morceau à domicile, avec son synthétiseur modulaire et son ordinateur, qu’il a contacté par e-mail ou par texto ses connaissances pour leur demander à chacun un morceau d’ambient, sans paroles, à livrer trois ou quatre jours plus tard. Tous n’auront pas relevé le défi, mais une bonne partie oui.

Voyages méditatifs et quasi-thérapeutiques

Parmi ceux qui se sont prêtés à l’exercice, on retrouve la fine fleur de l’électro française : Étienne de Crécy, Alex Gopher, Rone… Il y a aussi d’une chanson française plutôt pop (Dominique Dalcan, Bertrand Belin, Malik Djoudi) et puis d’autres qu’on ne s’attendait pas à retrouver là, à l’image de l’inclassable Nosfell ou Arthur H. De la très "class" Improvisation pour essayer un micro de Bertrand Burgalat aux ruptures d’ambiances radicales de Rebeka Warrior, la moitié de Sexy Sushi, tout cela aurait pu sonner comme une famille trop dissonante.

La contrainte créative aidant sans doute, c’est une belle tranche de musique instrumentale qui nous est livrée et, comme le Jour 10 de confinement du saxophoniste Etienne Jaumet, une série d’étonnants voyages. Sur plus de trente minutes, le Mam de Flavien Berger, mêle une balade en forêt avec sa mère à cette musique ; c’est peut-être ce qu’il faut écouter en priorité dans ce que Molécule a voulu comme un moment méditatif et quasi-thérapeutique.

Disponible uniquement sur des plates-formes de téléchargement et écoutable en streaming, cette compilation est sans doute le reflet d’une époque tourmentée certes, mais ô combien créative. Ses bénéfices seront reversés à la Fondation de France, qui recueille actuellement des dons afin de faire face à l’épidémie de Covid-19.

Compilation Music for containment (Mille Feuilles) 2020

A écouter ici