Mounika, ritournelles électro

Le beatmaker Jules, alias Mounika sort un 2e album intitulé "I Need Space". © MaJu Records / I.O.T Records

Le jeune Français Mounika a conquis beaucoup d'auditeurs hors des frontières hexagonales grâce à ses chansons électroniques intimistes. Il vient de sortir un second opus, I Need Space.

Il a 26 ans, il manie aisément samples, claviers et ordinateurs, mais semble connaître une bonne partie de la chanson française. Jules, alias Mounika, est un beatmaker un peu particulier, un compositeur de trip hop au bagage musical bien rempli. "Je savais que j'arrivais un peu tard dans ce style de création avec des samples, et je voulais me démarquer. J'ai toujours écouté pas mal de variété française. Mireille Mathieu a été la première à m'éblouir par le nombre de ses compositions et de versions différentes de ses chansons. Une version allemande pouvait être très différente d'une version française : autant de nouveaux sons à sampler. Marie Laforêt m'a également beaucoup inspiré." Si bien que Jules a composé un mini album consacré à cette dernière, aujourd'hui difficile à retrouver. 

Le sample

Au cours de son enfance dans le Poitou, ses parents n'écoutent pas particulièrement de variété française. Son père lui fait découvrir David Bowie, Ratatat ou Daft Punk. Sa grande sœur en pince pour le punk ou le metal et se met à la guitare.

Jules tente brièvement la batterie, avant de se mettre au piano en autodidacte et de jouer dans un groupe avec d'autres lycéens. Lorsque chacun déménage, Jules abandonne le sport-étude et le basket, mais il continue la musique dans son coin. Avec une découverte majeure : le sample, l'échantillonnage de sons.

Il passe des journées à décortiquer le logiciel Fruity Loops. Son grand terrain de jeu, ce sont les dialogues de films ou les sons glanés sur YouTube. Son nom d'artiste provient d'ailleurs du nom de Monica, l'héroïne de la version américaine de À bout de souffle (réalisé par Jim McBride, sorti en 1983, ndlr). Un film qui lui a fait découvrir Opening de Philip Glass et lui a donné envie de jouer du piano. Wax Tailor, Chinese Man ou Al'Tarba sont ses figures tutélaires. On pourrait aussi lui trouver quelques parentés éloignées avec Lemon Jelly, Petit Biscuit ou Moby. 

Succès américain 

En 2017, Mounika publie son premier album How Are You, sans aucune publicité, porté par le titre Cut My Hair. Les écoutes en ligne se comptent bientôt par millions, notamment aux États-Unis (repéré par quelques influenceurs) ou en Allemagne. Les samples de voix, une musique éthérée ou des rythmes lents et chaloupés engendrent des ritournelles presque enfantines.

Pour son second album, I Need Space, changement de cap, mais pas de style. Adieu les samples, Jules s'est mis derrière le micro et a transformé sa voix, la découpant parfois comme d'autres échantillons.

Sa musique reste mystérieuse et mélancolique. Comme lui ? "Je suis de nature anxieuse et un peu timide. À 12 ans, lorsque l'on m'a offert mon premier lecteur MP3, j'étais obsédé par les sentiments exprimés par les chansons. Je les classais avec des chiffres selon ces critères." Toujours très discret, Mounika ne s'est pas encore produit en concert. Sa musique s'écoute pour le moment très bien chez soi ou avec un lecteur MP3. Un univers suave et enchanteur qui séduit aux quatre coins de la planète. 

Mounika I Need Space (I.O.T. Records) 2020
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