Blues, Gospel, Negro Spirituals, Jazz, Rhythm & Blues, Soul, Funk, Rap, Reggae, Rock’n’Roll… l’actualité de la musique fait rejaillir des instants d’histoire vécus par la communauté noire au fil des siècles. Des moments cruciaux qui ont déterminé la place du peuple noir dans notre inconscient collectif, une place prépondérante, essentielle, universelle ! Chaque semaine, l’Épopée des musiques noires réhabilite l’une des formes d’expression les plus vibrantes et sincères du XXème siècle : La Black Music ! À partir d’archives sonores, d’interviews d’artistes, de producteurs, de musicologues, Joe Farmer donne des couleurs aux musiques d’hier et d’aujourd’hui.

Réalisation : Nathalie Laporte

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Lou Donaldson

Si Charlie Parker est, sans nul doute, le saxophoniste qui a le plus influencé Lou Donaldson, d’autres musiciens ont nourri la tonalité Blues, parfois Funk, de ce brillant instrumentiste noir américain. Dès les années 50, Art Blakey, Thelonious Monk, Jimmy Smith, Clifford Brown ou Horace Silver vont donner des couleurs à la sonorité singulière d’un jeune prodige de 24 ans qui voit sa vie s’accélérer lorsqu’il décide de rejoindre New York, la capitale du jazz, pour tenter sa chance dans les clubs de la ville. Ce sera le début d’une longue aventure qui lui ouvrira les portes des studios et de la gloire internationale.

Particulièrement doué, Lou Donaldson parvient aisément à s’adapter aux exigences de ses aînés qui apprécient sa virtuosité et sa flexibilité. Quel que soit le contexte, Lou Donaldson réussit à trouver l’espace nécessaire pour s’exprimer. Ainsi, en l’espace de 15 ans, il fera paraître 26 albums chez Blue Note Records ! Il est alors l’une des valeurs sûres du label et s’adapte facilement à l’ère du temps.

Progressivement, son humeur Soul Funk fait des émules et Lou Donaldson devient une référence… A tel point que les DJs et autres échantillonneurs d’aujourd’hui n’hésitent plus à ressusciter ses œuvres passées, comme pour donner du crédit à leurs productions actuelles.

Pour autant, ce joyeux patriarche de 83 ans ne cherche pas les honneurs. Il préfère s’adresser aux enfants du jazz, et les mettre en garde contre les excès de l’industrie du disque. Il les invite même à plus d’introspection. Une philosophie de vie qu’il a su appliquer à la lettre.

Quand, au milieu des années 80, plus personne ne parlait de lui, il s’en amusait, et enfonçait le clou en enregistrant un album intitulé « Forgotten Man », « L’homme oublié », et en reprenant, avec un poil d’ironie, l’une des compositions les plus difficiles de Charlie Parker, « Confirmation », histoire de faire taire les mauvaises langues qui le disaient fini ou dépassé.

Même si le poids des années commence à se faire sentir, le jazz est une force vitale, et continue d’animer l’esprit vif de ce formidable improvisateur qui n’a pas dit son dernier mot, ni joué son dernier solo.
Il sera d’ailleurs sur scène au Dizzy’s Club de New York, la ville qui le révéla, du 31 août au 5 septembre 2010.

http://loudonaldson.com/