Blues, Gospel, Negro Spirituals, Jazz, Rhythm & Blues, Soul, Funk, Rap, Reggae, Rock’n’Roll… l’actualité de la musique fait rejaillir des instants d’histoire vécus par la communauté noire au fil des siècles. Des moments cruciaux qui ont déterminé la place du peuple noir dans notre inconscient collectif, une place prépondérante, essentielle, universelle ! Chaque semaine, l’Épopée des musiques noires réhabilite l’une des formes d’expression les plus vibrantes et sincères du XXème siècle : La Black Music ! À partir d’archives sonores, d’interviews d’artistes, de producteurs, de musicologues, Joe Farmer donne des couleurs aux musiques d’hier et d’aujourd’hui.

Réalisation : Nathalie Laporte

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Lou Levy

Son nom ne vous dit peut-être rien, mais ce pianiste a été un pilier de l'histoire du jazz pendant près de 60 ans. Virtuose délicat et inspiré, on le vit très souvent aux côtés des étoiles de l'art vocal. De Peggy Lee à Frank Sinatra, de Lena Horn à Sarah Vaughan, il fut le pianiste incontournable des grandes heures du swing américain. Ce brillant artiste nous a quittés, il y a 10 ans. C'était le 23 janvier 2001. Il avait 72 ans. Et pour que le temps n'efface pas son nom des livres d'histoire, nous avons décidé de lui rendre hommage cette semaine.

C'est en écoutant le pianiste Art Tatum que le jeune Lou Levy se passionne pour le jazz. Il vit à Chicago avec ses parents, et l'environnement sonore de cette ville très musicale lui donne l'envie d'imiter ses héros, d'autant que sa scolarité est plutôt chancelante. Il est évidemment plus amusant de fréquenter des musiciens que d'aller en classe. Résultat, Lou Levy se fait beaucoup plus d'amis dans les clubs que dans les couloirs de son lycée. C'est la raison pour laquelle, à 17 ans, il abandonne ses études et décide, sans trop y réfléchir, de se lancer dans l'aventure du jazz. C'est le début d'une épopée qui durera un bon demi-siècle ! 

En 1945, Lou Levy est un adolescent fougueux qui croit en sa bonne étoile et n'hésite pas à offrir ses services de jeune pianiste en devenir aux orchestres en vogue. Son culot mais, aussi et surtout, la qualité de son jeu très mélodique finissent par enthousiasmer les stars de l'époque, et notamment, la chanteuse Sarah Vaughan. 

À la fin des années 40, Lou Levy a déjà tout vu, tout entendu. Il court de club en club, écoute les musiciens sur scène, mais aussi en coulisses, se lie d'amitié avec quelques personnalités influentes, et avance à grands pas dans le monde du jazz. À cette époque, il est le pianiste du grand orchestre de Woody Hermann, et devient le complice du saxophoniste Stan Getz. Ils ont tous les deux une vingtaine d'années et se comprennent parfaitement. Lorsqu'en 1955, l'opportunité de se retrouver ensemble en studio se présente, les deux compères ne manquent pas cette occasion unique de partager des moments de créativité musicale à Hollywood. 

Les années 50 sont idylliques pour Lou Levy. Il croise la route des plus grandes figures jazz de l'époque. Il est le pianiste que l'on s'arrache, et sa notoriété ne cesse de croître. Il joue désormais dans la cour des grands. 

Jusqu'à la fin de sa vie, Lou Levy a cherché à se dépasser. Il refusait la routine et les sentiers battus. Il lui fallait affronter ce risque qu'on appelle la création. Raconter une histoire au piano, voilà ce qui animait l'esprit vif de Lou Levy. C'est sûrement cette approche musicale d'une oeuvre qui a séduit Sarah Vaughan, Peggy Lee, Ella Fitzgerald, Frank Sinatra, ou plus récemment, Dee Dee Bridgewater.

Dans les années 90, Lou Levy avait fait paraître quelques albums sous son nom. Ce furent les derniers témoignages sonores de la virtuosité d'un pianiste précieux, célébré par les plus grands, et quasi-ignoré du grand public.  

Gageons que cette émission réhabilitera le nom d'un géant du jazz méconnu : Lou Levy.

 

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